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Celui que le peuple malien attendait, depuis la fin des travaux de la nouvelle Assemblée nationale, est enfin arrivé. Et le nom de celui qui a suscité maintes interrogations et supputations, tant au sein de la classe politique que parmi les citoyens, est désormais connu. En effet, l’inspecteur général de police et actuel secrétaire général de la Présidence de la République depuis 2002 était longtemps pressenti comme le favori des éventuels premiers ministres susceptibles de succéder à Ousmane Issoufi Maïga à la tête du premier Gouvernement du second quinquennat d’ATT.

Un choix réfléchi

Aussi, c’est sans surprise que le 28 septembre 2007, les Maliens ont été informés de la nomination, par un décret présidentiel, de Modibo Sidibé au poste de Premier ministre du prochain Gouvernement. Depuis plusieurs mois, son nom était du reste cité en premier parmi les possibles“premiers ministrables”.

Cette pensée collective spontanément portée sur Modibo Sidibé est sans aucun doute due aux rares qualités que ce bel homme porte en lui. Des qualités difficiles à conserver, au regard même de la fonction qu’il occupait à la Présidence de la République et du climat sociopolitique qu’on traversé le pouvoir et la société, ces derniers temps.

Compte tenu des enjeux décisifs de son second mandat et de la nécessité de réussir le Programme de Développement Economique et Social (PDES), le choix porté par le Chef de l’Etat sur ce fringant quinquagénaire s’explique aisément.

Modibo Sidibé réunit en lui ces traits de caractère qui répondent au profil de l’homme de la situation et du moment : le calme et la discrétion, mais la rigueur et la fermeté, et par-dessus tout, l’expérience.

Un homme déterminé

Je remercie le Président de la République, son Excellence Amadou Toumani Touré, et lui exprime toute ma gratitude pour cette confiance renouvelée à ses côtés et à un tel niveau de responsabilité. Vous comprendrez alors qu’au regard du poids de la charge, surtout au moment où il a une grande ambition pour notre pays, c’est une étape qui a été achevée, mais c’est une grande étape qui arrive, et c’est une grande responsabilité. Je suis sûr et certain qu’il peut être assuré, et aussi toutes les Maliennes et tous les Maliens, que je mettrai toute mon énergie et toute mon intelligence pour me dédier à cela. C’est difficile, mais je sais pouvoir compter sur l’ensemble de mes compatriotes. C’est une mission exaltante, pour un fils du pays d’atteindre ce niveau-là et de conduire l’action du Gouvernement, sous l’autorité du Président de la République, pour atteindre les objectifs qui sont assignés. Et pour l’instant, pour démarrer cela, il faut bien mettre le Gouvernement en place. Donc, tout à l’heure, il y aura bien entendu des concertations et des consultations, selon les directives qui ont été données par le Président de la République”.

Cette toute première déclaration dénote, en substance, l’optimisme et la détermination du nouveau Chef du futur Gouvernement, dans sa volonté de conduire à bon port les objectifs fixés par le Chef de l’Etat. Aussi il a déjà rencontré les responsables de l’ADP, du Mouvement Citoyen, des associations…, bref tous les leaders politiques qui ont accompagné le Président de la République pour sa réélection à la magistrature suprême.

D’autre part, l’ouverture de la première session ordinaire de l’Assemblée est prévue le 1er Octobre 2007. Autant de signes qui présagent que la formation de l’équipe gouvernementale n’est plus qu’une question de jours, sinon d’heures.

Un parcours éloquent

A l’instar de son prédécesseur, on ne connait, de Modibo Sidibé, aucune tendance affichée pour un quelconque parti ou bord politique. Et comme l’affirme un haut cadre d’un département ministériel, “ATT a fait le bon choix du technocrate idéal, politiquement incolore, inodore et sans saveur”.

Mieux, depuis 1992, date de sa prise de hautes fonctions au sein de l’Etat, il ne s’est distingué par aucun couac, mais n’a récolté que des éloges publics. Si bien que jusqu’à ce jour, il n’a jamais“chômé”.

En 1976, Modibo Sidibé décroche une maitrise en Droit public en France. En 1977, il est diplômé de l’Ecole nationale de Police. En 1985, il obtient un certificat de Droit en conflits armés, en Italie, et un certificat de cours de perfectionnement des Officiers du centre d’instruction de Koulikoro.

Depuis 1983 déjà, il était titulaire d’un doctorat en Sciences pénales et Criminologie. De 1978 à 1984, il servira tour à tour à la Brigade d’Investigations Criminelles (BIC), au Commissariat de Police de l’aéroport de Bamako, à la Direction nationale de la Police et au cabinet du département de la Défense. Entre 1985 et 1992, il est chargé de cours à l’Ecole Nationale d’Administration (ENA).

On remarquera que depuis 1976, il aura été “au four et au moulin”, alternant les études avec les hautes fonctions. Ainsi, de 1992 à 1997, il dirige les ministères de la Santé et de la Solidarité et des Personnes âgées. De 1997 à 2002, il est ministre des Affaires étrangères et des Maliens de l’Extérieur. Et depuis 2002, il occupe le secrétariat général de la Présidence de la République.

Mais de 1999 à nos jours, Modibo Sidibé a occupé bien des postes honorifiques : président du conseil d’Administration de l’OCCGE, président du Conseil des ministres des Affaires étrangères de la CEDEA, président du Conseil de médiation et de paix de la CEDEAO, président des réunions ministérielles CEDEAO-UEMOA, président de la conférence des ministres des Affaires étrangères de l’O.C.I, président du groupe ad hoc de l’OUA chargé de l’acte constitutif de l’Union Africaine, président de séance du conseil de sécurité des Nations Unies, au cours du mandat du Mali, président du Conseil d’administration du forum de Bamako…

Ce Commandeur de l’Ordre national du Mali et de la France, âgé de 55 ans et père de 5 enfants, parle autant français, anglais et bamanan qu’il adore le sport, le tennis en particulier.

L’on remarquera surtout que depuis plus de 15 ans, il est rompu aux rouages des affaires de l’administration et du pouvoir. Un atout qui lui permettra de mériter la confiance du Chef de l’Etat en réussissant la mission qu’il lui a confiée.

Oumar DIAWARA

1er octobre 2007.