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Le centre Aoua Keïta abrite, depuis hier 15 novembre et jusqu’à demain 17 novembre, les travaux de l’atelier de formation a l’attention du personnel des centres d’accueil et de prise en charge des enfants victimes de traite au Mali et en Guinée. L’objectif assigné à cette rencontre est de permettre aux deux pays d’échanger leurs expériences en matière de prestations offertes aux enfants afin de capitaliser les pratiques pour développer des synergies réelles de travail et de maximiser les interventions en matière de prise en charge des enfants victimes de traite.

L’ouverture des travaux était présidée par Marafa Traoré, représentant du ministre de la Fonction publique, de la Reforme de l’Etat et des Relations avec les institutions en présence de Ramatoulaye Camara, chef de la section Enfance en danger, placement familial et adoption de la Guinée, d’Almoustapa N. Touré, coordinateur national du Projet BIT/IPEC-Lutrena, ainsi que de Michel Grégoire, conseiller technique principal du Projet TBP/Mali.

Selon Almoustapha Touré, cet atelier a pour but de capitaliser les pratiques pour développer des synergies réelles de travail et maximiser les interventions en matière de prise en charge des enfants victimes de la traite.

Il permettra notamment de renforcer les capacités des agents chargés de l’accueil des enfants.
Pour ce faire, cette formation doit être mise à profit pour parcourir minutieusement le travail effectué dans les deux pays et proposer les actions communes à entreprendre pour améliorer leur façon de faire.

La représentante de la section Enfance en danger, placement familial et adoption de la Guinée, Ramatoulaye Camara, s’est réjouie de la tenue de cette rencontre entre les deux pays.

Pour elle, cette formation permettra de poser les jalons de la formulation de procédures harmonisées d’accueil, de prise en charge et de rapatriement.

Ramata Tembely

Élaboration du mémorandum sur les droits de l’enfant

Les abus envers les enfants, un problème universel

Un mémorandum sous forme de recommandation sera remis, après une marche en direction de la Primature, au Premier ministre Ousmane Issouffi Maiga le dimanche 19 novembre prochain, journée mondiale pour la prévention des abus envers les enfants. L’élaboration de ce mémorandum par la Coalition malienne des droits de l’enfant (COMADE), en partenariat avec l’UNICEF et Plan Mali, a eu lieu hier au Centre Aoua Keita.

L’objectif de l’atelier est de recueillir les différents cas d’abus faits aux enfants avec des témoignages. La deuxième phase portera sur un débat entre les structures membres et les partenaires concernant le contenu du mémorandum.

Le terme « abus » comprend les abus physiques, sexuels et émotionnels, ainsi que la négligence, la violence et l’exploitation commerciale des enfants. Donc, prévenir la violence est le moyen le plus efficace de protéger les enfants.

Un changement radical est nécessaire pour s’assurer que cette priorité est pleinement reconnue et transformée en action. « Ceux qui travaillent pour et avec les enfants doivent unir leurs forces pour promouvoir et assurer le changement de fond auquel nous aspirons tous« , a laissé entendre Mahamadou Cissé, président de la COMADE.

En effet, 40 millions d’enfants souffrent d’abus et de négligence et ont besoin de soins et d’encadrement. Une fille sur quatre et un garçon sur 9 sont sexuellement abusés avant d’atteindre 18 ans.

Plus d’un million d’enfants sont exploités chaque année par l’industrie du sexe. Les victimes d’abus sexuels durant leur enfance risquent d’être impliquées davantage dans l’exploitation sexuelle commerciale en tant que moyen de survie.

Plus de 50 % des 184 pays n’ont pas de loi sur la pornographie impliquant les enfants. Dans 138 pays, la possession de revues pornographiques n’est pas un crime. 5,7 millions d’enfants sont traités comme des esclaves. Entre 60 et 100 millions de filles ont disparu de la population mondiale. Elles sont victimes d’infanticide lié au genre ainsi que de malnutrition et de négligence.

Deux millions de filles font l’objet de mutilations génitales chaque année. Environ 180 millions d’enfants sont employés dans les pires conditions de travail. 300 000 enfants travaillent comme soldats, transporteurs et détenteurs de mines (chaque mois à cause des mines, 800 enfants meurent ou deviennent handicapés). Depuis 1990, plus de 45 % des personnes tuées dans les conflits dans le monde sont des enfants.

Depuis 1990, 133 millions d’enfants naissent dans le monde. 50 millions d’entre eux ne seront jamais déclarés. Il n’existe aucune preuve écrite de leur existence. Ainsi, plus de 120 millions d’enfants n’iront-ils jamais à l’école et 6 sur 10 sont des filles.

Ramata Tembely

16 novembre 2006.