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Le futur président des USA ambitionne de redorer le blason de l’économie américaine avec, en partie, des politiques énergétiques et environnementales grandeur nature. Annoncée lundi dernier, l’équipe chargée des deux secteurs s’activera à assurer non seulement l’indépendance énergétique de l’Amérique avec à la clef millions d’emplois, mais aussi à faire face aux challenges environnementaux de notre temps comme le réchauffement climatique.

Si l’économie et les guerres en Irak et en Afghanistan ont été des sujets décisifs lors de l’élection présidentielle du 04 novembre dernier, l’énergie et l’environnement n’en ont pas été moins. Les candidats ont tiré de toutes leurs forces pour proposer des solutions viables face aux problèmes énergétiques et environnementaux qui menacent l’humanité.

Barack Obama s’est particulièrement montre impressionnant dans cet exercice, et son rival républicain McCain, pour revenir dans la course, avait jeté son dévolu sur le gouverneur Sarah Palin d’Alaska comme nominée à la vice-présidence, en avançant l’argument que cette dernière avait réalisé de belles choses dans le domaine de l’énergie. Ce qui n’a pas fait de poids devant les messages de changement lances par l’ex-sénateur de l’Illinois.

« Notre pays ne peut plus se permettre les politiques habituelles, pas en un moment où le challenge énergétique auquel nous faisons face est si grand et que les conséquences de l’inaction sont si dangereuses. Nous devons agir rapidement et efficacement pour transformer notre économie entière, de nos voitures à nos habitations en passant par nos carburants et nos usines ».

Dans le domaine de l’énergie, l’homme prévoit de grandes révolutions qualifiées d’ « audacieuses » par bon nombre d’observateurs et d’experts. A long terme, son plan s’articulera surtout sur l’indépendance énergétique des USA, qui importent notamment le pétrole du Moyen-Orient et du Venezuela alors que, pour le court terme, les efforts seront accentués sur la réduction du prix de l’essence à la pompe.

Croyant que les USA sont confrontés au double challenge de leur liaison au pétrole étranger et du réchauffement climatique, lesquels sont la résultante de « notre dépendance aux fossiles combustibles », Obama est convaincu que ce n’est point une utopie d’avoir « notre propre source d’énergie ».

L’homme qui sera investi le 20 janvier compte injecter 150 milliards de dollars dans le financement des énergies renouvelables au cours des dix prochaines années. Tout en rendant l’Amérique énergétiquement indépendante et en la propulsant à la pointe de la technologie d’un secteur économique, ces dépenses permettront de créer 5 millions d’emplois. Une ambition qui est une partie intégrante de son objectif de mettre l’économie américaine sur les rails, à travers entre autres, l’abondance de l’emploi.

Environnement viable

Et mention en a été faite lundi dernier lors de la présentation de son équipe en charge de l’énergie et de l’environnement. « Nous pouvons créer des millions d’emplois, en commençant par un plan de redressement économique qui met les Américains au travail de construction éolienne, panneaux solaires et de véhicules économes en carburant.

Nous pouvons susciter le dynamisme de notre économie à long terme par des investissements dans les énergies renouvelables qui donneront vie à de nouvelles entreprises et industries, avec de bons emplois qui paient bien et qui ne peuvent pas être sous-traités ».

La question qui en découle naturellement est d’où viendront les ressources nécessaires à l’application de ce plan. Le futur président défend que « le fondement de notre indépendance énergétique est ici, en Amérique : la puissance de l’énergie éolienne et solaire, les nouvelles plantes, les nouvelles technologies dans l’innovation de nos scientifiques et des entrepreneurs ainsi que le dévouement et la compétence de notre main-d’œuvre ».

Le mot « Hybride » est assez révélateur de cette ambition présidentielle. Obama s’est fixé un objectif d’un million de voitures hybrides sur les routes américaines d’ici à 2015. Ce qui comptera aussi dans la sauvegarde de l’environnement quand on sait que la pollution atmosphérique est grandement liée au gaz dégagé par ces engins.

« Un programme de plafonnement et d’échange s’appuiera sur la puissance du marché pour réduire les émissions dans un bon rapport coût efficacité, de manière flexible. Dans le cadre de ce programme, un plafond national sur les émissions de carbone sera établi. Les émissions permises seront réparties en quotas individuels qui représentent l’autorisation d’émettre par quantité.

Les entreprises seront libres d’acheter et de vendre des quotas afin de continuer à opérer de la manière la plus rentable. Celles qui seront en mesure de réduire la pollution à un faible coût
pourront vendre leurs quotas supplémentaires aux entreprises confrontées à des coûts élevés. Chaque année, le nombre de quotas diminuera de façon à réaliser les objectifs de réduction annuelle
».

Le président élu souhaite particulièrement instaurer un seuil contraignant de gaz à effet de serre pour les constructeurs d’automobiles. Et 4 milliards en crédits d’impôts et garanties de prêts seront consacrés aux fabricants d’équipements automobiles afin de garantir des véhicules propres « made in America ».

Les sources d’eau ainsi que les tuyaux d’écoulement des eaux usées bénéficieront d’une plus grande attention afin d’assurer que les populations continuent d’avoir accès a des eaux respectant les normes.

Qui parle d’environnement parle de forêts et de parcs. L’Amérique, surtout l’Etat de Californie, connaît de temps en temps des incendies qui ont des conséquences dramatiques sur l’écosystème. Obama promet d’user de tout son pouvoir pour la restauration et la préservation de la faune et de son habitat, y compris les moyens législatifs.

Toutes choses qui contribueront à éloigner l’Amérique et le monde des effets tant craints du réchauffement climatique. Par rapport à ce dernier, Obama voudrait faire de l’Amérique un pionnier de la prévention du fléau avec le renforcement des structures environnementales internationales et des gestes significatifs.

Pour la conduite de ces objectifs nobles, le natif d’Honolulu (Hawaï) a eu la clairvoyance de constituer une équipe chevronnée. Il a aussi eu le bon sens de discuter d’énergie et d’environnement avec l’ancien vice-président Al Gore, qui, avec Bill Clinton, a judicieusement exploité les deux secteurs pour enfin partir avec un bilan flatteur à tout point de vue.

Ogopémo Ouologuem

(USA)

19 Décembre 2008