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Depuis quelques jours, Bamako et d’autres localités du pays ne connaissent plus les coupures intempestives d’électricité. Comment EDM-SA en est-elle arrivée là ? Fini le temps des délestages ? Notre confrère Tiona Mathieu Koné directeur de la Communication de EDM-SA a accepté de répondre à nos questions.

jpg_une-715.jpg26 mars : Nous assistons ces derniers temps à une nette amélioration dans la fourniture en électricité à Bamako et dans d’autres localités du pays. Comment expliquez-vous cette situation ?

M. Tiona Mathieu Koné : Cette situation est due à trois facteurs.

Le premier facteur est le soutien de l’Etat. Je vous affirme qu’en dépit de ses ressources limitées en cette période de crise institutionnelle et sécuritaire, l’Etat a continué de nous soutenir. Ce soutien se traduit par l’apport de cent millions de francs CFA par jour.

Cette somme nous permet de payer une partie des dettes que nous devons à nos fournisseurs de combustibles.

Le paiement de ces sommes a impulsé la cadence de ravitaillement en gazole et en fuels lourds. Donc, présentement, la confiance est rétablie et nous recevons quelques quantités de carburant provenant de fournisseurs qui permettent de tenir le coup actuellement et cela, avec d’autres facteurs réunis.

Le deuxième facteur est le fait de ces pluies tombées récemment. Même si l’hivernage ne s’est pas installé, ces pluies qui tombent dans beaucoup de nos localités ont adouci la température qui par la suite a occasionné une baisse de consommation en électricité.

Je vous signale que ces pluies n’ont pas augmenté jusque là le niveau d’eau de nos barrages. Vous devez savoir également que nous sommes presqu’à la fin de la période de pointe pendant laquelle la consommation en électricité reste très élevée et qui se situe aux mois de mars, avril et mai.

Le troisième et dernier facteur et non des moindres est la solidarité qui se situe au niveau des pays membres de l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS).

Pendant ces périodes où les coupures duraient jusqu’à 12 heures par jour et, vue la gravité de la situation qui prévalait dans notre pays, nous avons négocié avec nos sociétés sœurs du Sénégal (SENELEC) et de la Mauritanie (SOMELEC) pour qu’elles nous cèdent une partie de leur quotas dans la fourniture en électricité de Manantali. Ces deux étant des pays côtiers, ils ont en cette période, moins besoin en électricité que nous. Et les deux sociétés ont accepté conformément à l’esprit de solidarité anime les pays de l’OMVS et avec l’appui solidaire de nos plus hautes autorités.

26 Mars : Comment se gèrent les différents quotas que ces sociétés nous ont cédés ?

M. Tiona Mathieu Koné : Ces quotas sont à rembourser aux différentes sociétés selon ce qu’elles auront cédé. Ni plus, ni moins.

Dans notre cas, nous les rembourserons au second trimestre qui serait leur période de pointe et bien attendu en électricité.

Avec cette procédure de la solidarité, nous avons pu récupérer une puissance de trente mégawatt et tout cela a permis de réduire les heures de coupures.

26 Mars : Actuellement donc, pouvons-nous dire que ces coupures sont derrière nous ?

M. Tiona Mathieu Koné : On ne peut de nos jours affirmer que les difficultés sont totalement derrière nous car nos affaires toutes comme celles des autres ont besoin de paix et de sécurité.

Nous demandons à tous les maliens de prier et d’œuvrer pour que la paix et la sécurité reviennent sur l’ensemble de notre territoire pour que nous puissions satisfaire les besoins de nos différents partenaires.

Avec la crise qui sévit actuellement dans notre pays, la mobilité des personnes reste souvent compromise, or, les affaires exigent de bouger à tout moment.

26 Mars : Avec cette crise EDM SA contrôle-t-elle tous ces centres ?

M. Tiona Mathieu Koné : Actuellement, sept de nos centres sont hors de notre contrôle. Ces centres qui nous échappent sont tous situés dans les régions nord du pays. Ils sont délaissés pour insécurité ou dans la main de non-professionnels. Plus cette situation d’insécurité dure, plus la qualité et la durée de vie de nos installations seront compromises.

Enfin, mon dernier message est un mot de remerciement à l’endroit de notre clientèle pour sa haute compréhension car, au départ on avait aussi demandé aux uns et aux autres de prier pour la société. Je demande qu’on continue de serrer les rangs car, la dégradation du système ne profite à personne.

S’il plait à Dieu, les délestages seront bientôt un mauvais souvenir car le nouveau ministre de l’énergie qui nous a reçus très récemment a affirmé tout mettre en œuvre pour l’amélioration des choses dans l’intérêt de la nation. Il a aussi situé la fin des délestages parmi ses priorités.

Pour terminer, je salue l’engagement des travailleurs de la société qui ont tenu bon.

Propos recueillis par Dieudonné Tembely

Le 26 Mars du 7 mai 2012