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Le suivi des grossesses par le personnel médical et le déroulement des accouchements en maternité sont des paramètres qui jouent significativement sur la santé de la mère et de l’enfant. Le suivi prénatal permet de veiller au bon déroulement de la grossesse, de remédier à des carences préjudiciables à la santé de la mère et de l’enfant, d’identifier et d’anticiper d’éventuelles complications à l’accouchement. Mais le constat qui se dégage est que l’encadrement sanitaire des naissances au Mali présente d’énormes inégalités.

Le suivi prénatal permet aussi de vacciner les femmes enceintes contre le tétanos et par-là même, de protéger leurs enfants contre le tétanos néo-natal qui est l’une des principales causes de décès des nouveau-nés en Afrique. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande quatre visites prénatales au moins à intervalles réguliers tout au long de la grossesse.

L’accouchement en maternité permet de bénéficier des compétences d’un personnel de santé notamment pour faire face aux éventuelles complications de l’accouchement, mais aussi, plus simplement de bénéficier d’un environnement protégeant le nouveau-né des agents infectueux, en particulier le tétanos.

L’augmentation de la consultation prénatale

La consultation prénatale auprès des professionnels de la santé est une pratique qui s’est considérablement développée. 1/4 des femmes y avaient recours il y a 15 ans contre plus de la moitié aujourd’hui. Cette pratique était déjà quasi-systématique (96%) pour les femmes les plus instruites au milieu des années quatre-vingt et elle l’est devenue pour l’ensemble des femmes résidant à Bamako (95%).

Elle est également entrée dans les moeurs des femmes ayant eu une scolarisation primaire (78%) ou vivant en milieu urbain (88%). En revanche, bien qu’elles soient 2 à 3 fois plus nombreuses à y recourir qu’il y a 15 ans, la grande majorité des femmes rurales sont bien moins couvertes par le suivi prénatal : la moitié d’entre elles seulement en ont bénéficié pour leur dernière grossesse.

Précisons également que le suivi-régulier de la grossesse ne concerne qu’une partie (environ la moitié) des femmes qui se sont adressées, au moins une fois, à un centre de santé pendant leur grossesse ; si l’on prend en considération une consultation répétée (4 visites au moins), 30% seulement des femmes ont effectivement été suivies pendant leur dernière grossesse.

L’accouchement dans un établissement sanitaire est une pratique moins fréquente que la consultation prénatale : elle concerne environ 4 naissances sur 10 sur une période récente. Les inégalités entre milieux socio-économiques sont plus marquées encore que pour la consultation prénatale. Les naissances en structures sanitaires sont 3 fois moins fréquentes en milieu rural (26%) et chez les femmes non scolarisées (33%) qu’en milieu urbain (80%) et chez les femmes les instruites (89%).

Ces écarts traduisent probablement des attentes et des motivations différentes de la part des femmes, mais elles résultent vraissemblément aussi des inégalités dans l’accès aux structures en informant les populations et en leur offrant un accès à des formations sanitaires de qualité.


La mortalité liée à l’accouchement en augmentation

Pour la période 1996-2001, le taux de mortalité maternelle au Mali a été estimé à 582 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes, un niveau comparable à celui des autres pays de la région, mais supérieur à la moyenne observée dans les pays en développement (488 décès pour 100 000 naissances) et sans commune mesure avec celle des pays développés près de 20 fois plus faible (30 décès pour 100 000 naissances).

La mortalité maternelle est à l’origine de près d’un tiers des décès des femmes au Mali. Elle est en partie liée aux comportements de procréation ; en effet les premières naissances survenant à un âge précoce et les intervalles inter-génétiques courts sont associés contre cette cause de décès passent par un développement des services sanitaires d’encadrement des grossesses notamment en milieu rural et une éducation des populations pour que les grossesses à hauts risques soient détectées et suivies.

Actuellement la gratuité de la césarienne dans notre paysa ouvert la voie à une baisse de la mortalité maternelle.

La couverture vaccinale des enfants encore modeste

La vaccination a joué partout dans le monde, un rôle décisif dans le recul de la mortalité des enfants. La mise en oeuvre d’une administration à large échelle des vaccins nécessite certes une mobilisation logistique importante et donc une volonté politique forte, mais elle a des effets immédiats directs, sans nécessité d’une transformation préalable des comportements des populations.

La couverture vaccinale était négligeable au milieu des années quatre vingt (2% d’enfants complètement vaccinés), elle s’est élargie depuis mais reste très limitée. En 2001, comme en 1995/96, moins d’un enfant sur trois était couvert par l’ensemble des vaccins préconisés. Comme on pouvait s’y attendre, c’est en milieu rural et parmi les enfants des femmes non scolarisés que la couverture vaccinale est la plus faible (de l’ordre de 25%).

Cependant, même dans les groupes les plus favorisés, la vaccination est loin d’être généralisée ; près de 4 enfants sur 10 n’ont pas été complètement vaccinés parmi les enfants des femmes les plus instruites et même à Bamako. Des progrès importants en faveur de la survie des enfants ont été actuellement réalisés dans l’application du Programme Elargi de Vaccination (PEV).


Mamoutou DIALLO (Stagiaire)

25 Juin 2008