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Les forces armées ont commencé les exercices de raids permettant de renforcer leurs capacités opérationnelles afin de déloger les islamistes radicaux. Au même moment, une dizaine d’experts européens séjournent dans notre capitale pour évaluer la capacité de l’armée et voir comment elle peut harmoniser les actions.

Des bruits d’armes lourdes ont retenti hier mercredi à Bamako. D’aucuns appréhendaient des échanges de tirs entre militaires au QG de l’ex-junte à Kati. Mais, ces coups de feu provenaient d’un champ de tirs de la capitale où des militaires s’entraînaient.

La reconquête des régions Nord du Mali est plus que d’actualité. Les forces armées et de sécurité ont décidé de passer la vitesse supérieure en intensifiant sur le terrain des exercices corporels et autres techniques de combat. C’est la raison pour laquelle à Bamako aussi bien qu’à Sévaré où sont stationnés des militaires, les entraînements se tiennent régulièrement et intensivement.

Selon le colonel Idrissa Traoré, le directeur de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa) « les exercices ont commencé. On se prépare avec les moyens disponibles. Il est bien normal que les troupes se préparent ». Il souligne une nette amélioration du moral des troupes. « Le moral revient. Beaucoup de travail est en train de faire dans ce sens », révèle le colonel Traoré. Il admet que l’armée a aujourd’hui besoin de formation et d’harmonisation des actions pour faire face aux islamistes.

Plus droit à l’erreur

Depuis lundi, une dizaine d’experts militaires européens séjournent à Bamako. Aux dires du colonel, les experts européens sont ici dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations. « On a besoin de tout, surtout de moyens de protection (Ndlr : avion de guerre). Les experts vont travailler dans ce sens. Pour plus de visibilité des actions, les experts sont là. Il faut multiplier les rencontres pour répondre aux attentes. On a besoin de la coopération de tous nos partenaires », plaide le chef de la Dirpa. Selon lui, « les Nations unies ont demandé de planifier les actions. Cela veut dire qu’ils vont donner des moyens en fonction de ce qui a été demandé ».

D’autant plus que l’envoi des troupes étrangères se précise, nos forces armées savent qu’elles n’ont plus droit à l’erreur pour contrer et bouter hors du Mali les mouvements armés terroristes et jihadistes qui ont consacré la partition de fait de notre pays. Ainsi, elles sont plus que jamais mobilisées à relever le défi.

Sidiki Doumbia

Les Échos du 28 Octobre 2012