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Le Capitaine Amadou Haya Sanogo, on le sait, est venu aux affaires suite à un coup d’Etat inachevé sur fond de changement mort-né. Le Premier ministre Check Modibo Diarra, sans la moindre capacité administrative avérée, a été choisi par le CNRDRE et la CEDEAO avec la signature du Président par intérim Dioncouda Traoré. Qui, pour sa part, n’a jamais rien arraché parce que toute sa carrière est faite de cadeaux du ciel. Mais voilà, au lieu de se donner la main pour sauver ce qui reste de l’enclave du Mali car amputé de sa partie septentrionale, ils ont entretenu au Sud des querelles de positionnement dont ils ont fini l’un après l’autre d’être les victimes. Comprendront-ils un seul jour que l’union sacrée contre les assaillants est la seule voie du salut pour notre chère patrie ?

jpg_une-959.jpgAu commencement, le Capitaine Amadou Haya Sanogo, de bonne foi et d’engagement patriotique est venu au pouvoir un certain 22 mars 2012. Son rêve, c’était le changement. Mais il aura confondu vitesse et précipitation. Il a oublié que le monde ne se prête pas aux coups d’Etat. Autrement Sanogo n’est pas venu au bon moment pour être aux bons soins de la Communauté internationale. Dès lors il devait s’entourer des représentants des forces vives qui l’aideraient à contrer les sceptiques. Il suffisait de prendre pour référence le CTSP où même les diplômés sans emploi et les élèves et étudiants ont siégé. Ont également siégé les représentants de l’UNTM qui n’est autre qu’une frange de l’UDPM mais finalement favorable à l’ouverture politique.

Et l’Assemblée Nationale sera pleine d’UDPMistes à une époque où on quittait à peine la dictature du parti unique. Aujourd’hui où la démocratie pluraliste est une réalité incontournable, la chasse aux responsables politiques, l’agression des journalistes, les arrestations extrajudiciaires, l’exclusion des partis politiques compétitifs et le copinage avec les groupements d’intérêts émotifs (GIE) ne pouvaient que transformer le changement en échec. C’est dire que le Capitaine Sanogo était à la tête d’une affaire dont il ne maîtrisait pas toutes les données et qui a fini par lui échapper. Son slogan « tolérance zéro » était à l’antipode de la sagesse malienne qui conseille la tolérance au chef : « ni tè kè né na, ni tè fô né ma, o ti kè anw ka magnèma yé « . Et tout laisse croire que Sanogo s’est en outre trompé d’homme en choisissant Cheick Modibo Diarra comme Premier ministre, alors que ce dernier n’est pas un homme de consensus, ni un spécialiste de l’Administration publique. Une erreur que le Capitaine est obligé d’assumer aujourd’hui au risque de se dédire et de porter un autre coup dur à la réalisation des défis à relever.

Notamment, ce Premier ministre avec les pleins pouvoirs n’a-t-il pas oublié comment il est venu au pouvoir lorsqu’il affirme qu’il ne sait pas à qui il doit remettre sa démission ? Ne se met-il pas aujourd’hui au-dessus de Sanogo et de Dioncounda ? Sait-il qu’il n’a jamais prouvé aux Maliens aucune capacité à gérer au mieux les deux objectifs assignés à son gouvernement : la récupération du Nord et l’organisation des élections. Il n’arrive même pas à convoquer la convention d’une part, et il se fait damer le pion par la CEDEAO dont l’émissaire est parti à la rencontre des assaillants, sans qu’on ne sache finalement ce qui se trame sur le dos du Mali. Apparemment, CMD ne semble plus en odeur de sainteté avec le Capitaine Sanogo et se montre de plus en plus comme l’associé de Dioncounda et de la CEDEAO.

A propos, si Sanogo et CMD ont perdu de leur lustre, Dioncounda gagne en notoriété. D’abord le coup porté contre lui, ensuite le pardon qu’il a prôné, enfin les propositions qu’il a formulées ont attiré sur lui beaucoup d’amabilités et enterré pas mal de réticences à son endroit. Il bénéficie même aujourd’hui de la sollicitude de Sanogo. Et pour nombre de Maliens, l’entente entre Dioncounda et Sanogo est la clé de la sortie de crise. Le tour sera bien joué si CMD adhère à ce rapprochement pour la réalisation de l’union sacrée tant attendue.

Prions pour cette synergie, gage du succès final.

En attendant, nous leur adressons les propos d’un internaute : » Le Nord n’est pas la préoccupation de ces opportunistes, ni le Mali … un pays occupé 2/3 et ces assoiffés de pouvoir trouvent le moyen de demander une concertation nationale … S’ils étaient des vrais patriotes, ils auraient commencé à mobiliser les efforts pour commencer à libérer le territoire, après cette libération discuter de ce qu’il faut faire … Des militaires qui fuient et viennent faire un coup d’état, des politiciens complices d’un putsch et qui veulent profiter de cet acte anticonstitutionnel!!! un PM sans majorité parlementaire et d’une nullité absolue qui veut contre vents et marées s’accrocher à un pouvoir obtenu avec la complicité d’un médiateur et du chef des putschistes ……des NULS RÉUNIS… «

A chaque jour suffit sa peine. Montrez-nous ce dont vous êtes capables, chers responsables du trio magique !

Mamadou DABO

Zénith Balé du 15 Août 2012