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De Tamani à Sansanding en passant par Dioro, Farako et Konodimini, le directeur général de l’Office riz Ségou (ORS) a informé et sensibilisé les producteurs sur les intérêts et les enjeux de « l’Initiative riz« .
« Dans le cadre de ‘l’Initiative riz‘, il a été fixé des quotas par zone de production.

Les meilleurs seront récompensés et ceux qui ne s’exécuteront pas correctement seront sanctionnés« , a instruit le président de la République au chef du gouvernement en début avril dernier lors de la session du Conseil supérieur de l’agriculture à Koulouba.

En application de cette instruction, la Primature, à travers le département de l’Agriculture, a fait parvenir un message à tous les chefs de zone fixant des objectifs précis pour chaque zone de production rizicole.

C’est dans cette dynamique que le DG de l’ORS, Kassoum Dénon, à la tête d’une forte délégation composée de préfets, de représentants de la Chambre régionale d’agriculture, de maires et des organisations paysannes, a pris son bâton de pèlerin pour se rendre du 12 au 16 mai 2008 à Tamani, Dioro, Farako, Konodimini et Sansanding.


Objectif :
discuter à bâtons rompus avec les riziculteurs autour de l’intérêt et des enjeux de « l’Initiative riz« .

« Ma sortie dans la zone Office riz s’explique par la volonté du gouvernement de développer la culture du riz face à la flambée actuelle des denrées alimentaires. Ce programme de développement a été dénommé ‘Initiative riz‘ au niveau de la Primature.

L’Initiative riz‘ est venue bien à propos dans la mesure où à l’Office riz, on était prédisposé au développement de la riziculture. Avec l’objectif qu’on nous a fixé, nous avons estimé qu’il fallait passer au niveau des zones pour informer les producteurs« , a expliqué le DG de l’ORS.

Dans le cadre de « l’Initiative riz » et pour la campagne 2008-2009, les autorités tablent sur une production nationale de 1,6 million de tonnes de riz paddy pour non seulement assurer l’autosuffisance alimentaire mais aussi exporter l’excédent qui sera dégagé.

Pour l’atteinte de cet objectif, la zone Office riz Ségou doit produire 60 000 tonnes sur une surface cultivable de 30 000 hectares. C’est tout le sens de la tournée du DG pour à la fois informer et échanger avec les producteurs qui sont les véritables acteurs afin qu’ils appréhendent les enjeux qui peuvent leur permettre de produire suffisamment du riz.

Située à 150 km de Ségou, Tamani a été la première étape de cette tournée. Couvrant 2500 hectares, le secteur de Tamani a un objectif de 5000 tonnes, soit en moyenne 2 tonnes à l’hectare. « Dans les pays voisins comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal… il y a des émeutes de la faim.

Mais au Mali le gouvernement a consenti des efforts pour maintenir le prix du riz à 310 F CFA le kg. ‘L’Initiative riz‘ est une chance que les riziculteurs doivent saisir pour s’épanouir au regard de l’importance que le gouvernement accorde à la question« , a déclaré le DG de l’ORS aux producteurs de Tamani et villages environnants venus nombreux à sa rencontre.

Des préoccupations

Pour mieux accompagner le processus, M. Dénon a annoncé que le gouvernement mettra à la disposition des producteurs le sac d’engrais à 12 500 F CFA contre 22 500 F CFA sur le marché. De même, a-t-il ajouté, l’Etat subventionnera les semences à 60 %. Par contre, les équipements ne seront pas subventionnés mais seront livrés à crédit et payables sur une période allant de 3 à 5 ans.

Toutefois, les producteurs ont soulevé un certain nombre de préoccupations relatives notamment à la non-sécurisation des casiers, la construction du pont de Niama, le manque de semences sélectionnées. Sur ce point, le DG a assuré ses interlocuteurs que l’Office a déjà acheté 105 tonnes de semences qui seront mis à leur disposition et que des commandes d’engrais ont été également passées avec la BNDA.

« Depuis 46 ans nous cultivons du riz ici à Tamani. Nous ne nous sommes jamais découragés. La décision du gouvernement répond à notre souci. Si la pluie est au rendez-vous, nous dépasserons les prévisions« , a promis Tiéman Traoré, riziculteur à Tamani.

S’agissant du pont de Tonssigui et de la route qui relie Banankoroni à Tamani, le DG de l’ORS a donné l’assurance aux paysans qu’ils seront réhabilités.

A Tamani, la délégation a eu à visiter le chantier du système hydraulique. Les travaux de reconstruction de ce système concernent l’épilatérale qui sera fait en matériaux durs et le curage du canal principal. Avec la fin des travaux, prévus pour fin juin 2008, les secteurs de Tamani et de Konodimini seront irrigués par le même canal.

Plus grande zone de production avec 15 000 hectares, soit la moitié des surfaces cultivables en riz dans la zone ORS, Dioro a un rôle capital à jouer dans l’atteinte des 60 000 tonnes. Elle doit produire 30 000 tonnes soit en moyenne 2 tonnes à l’hectare. Tout comme à Tamani, le DG de l’ORS a expliqué aux producteurs que pour la réussite de l’Initiative, le gouvernement a pris des mesures.

Il s’agit de l’octroi à crédit des semences, de l’engrais et des équipements. Là-bas, Kassoum Dénon a fait savoir que 12 000 litres d’herbicides seront mis à la disposition des riziculteurs par l’ORS. « Le meilleur producteur sera récompensé. ‘L’Initiative riz‘ est une chance que les riziculteurs doivent saisir », a conseillé le DG de l’ORS.

Adhésion

Cependant, les producteurs ont attiré l’attention du visiteur sur le fait que le canal principal de Dioro est obstrué. « Le canal principal est bouché. Et tant qu’il n’est pas curé, nous ne sortirons pas de l’auberge. Il faut également rehausser le niveau de la digue qui va de Soké à Dougounikoro pour la mise en eau« , a suggéré Tiécoura Souaré, président de l’Association des producteurs de Dioro.

En réponse, M. Dénon dira que le canal sera curé. Mieux, il a annoncé que 85 millions de F CFA seront investis dans les zones d’intervention de l’ORS à commencer par Dioro.

Déjà, les partenaires comme le Fonds koweïtien et la Banque islamique de développement (Bid) ont donné leur accord pour l’aménagement de nouveaux périmètres. Le premier responsable de l’ORS qui a visité au passage l’ouvrage n°9 a exhorté les producteurs à pratiquer le labour précoce car convaincu que l’aménagement des ouvrages n’est pas une fin en soi.

Avec un potentiel global de 6670 ha, Farako s’est soumis au même exercice : expliquer aux producteurs de fond en comble « l’Initiative riz » du gouvernement.

Eu égard à ses potentialités, le secteur de Farako doit produire 15 000 tonnes, soit en moyenne 2 tonnes à l’hectare. Au cours des échanges qu’il a eus avec les producteurs, le DG de l’ORS les a informé que le gouvernement subventionnera l’engrais à 50 % de même que les semences à hauteur de 60 %.

Les conditions d’acquisition des équipements (tracteurs, batteuses) tiennent au dépôt et d’une demande auprès de l’ORS qui sera le devoir de transmettre à qui de droit.

A Farako, Kassoum Dénon a visité le canal principal de Doni qu’il a parcouru à pied pour s’assurer de l’avancer des travaux avant d’annoncer que l’ORS mettra en place à la fin du chantier des programmes de reboisement et de fixation des berges.

Tout le long du périple, les producteurs de Tamani, Dioro, Farako, Konodimini et Sansanding ont manifesté leur adhésion à l’Initiative riz.

Ils ont pris l’engagement d’aller au delà des 2 tonnes en moyenne à l’hectare. Ils ont rendu un hommage appuyé à Kassoum Dénon pour son langage de vérité, ses conseils sages à l’orée de chaque campagne agricole.

S’il y a une image que Kassoum Dénon retient des riziculteurs aux termes de sa tournée, c’est bien celle des acteurs engagés et déterminés à relever le défi de l’Initiative riz.

Sur le terrain et à la lumière des contacts, les producteurs sont disposés à aller au delà des tonnages demandés pourvu que les engrais, les semences et la pluie soient au rendez-vous.

Mohamed Daou

(envoyé spécial)

19 Mai 2008