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Dans le secteur hôtelier, les choses sont loin d’aller pour le mieux en dépit des propos rassurants donnés çà et là par nos autorités. Les touristes ne se bousculent plus au portillon, comme il y a de cela quelques années avant la venue dans la région des islamistes. Les promoteurs hôteliers qui se sont endettés auprès des établissements bancaires de la place, dans la perspective de la saison touristique, continuent de broyer du noir. Si certains établissements ont pu se contenter de quelques touristes, d’autres par contre n’en ont vu aucun. Conséquence : les banques auprès desquelles ils se sont endettés leur courent après et réclament leur dû. Si rien n’est fait à temps, beaucoup de ces hôtels mettront la clé sous le paillasson.

Un coup dur pour le secteur du tourisme dans notre pays. Des établissements hôteliers du district de Bamako, Mopti, Tombouctou pour ne citer que ceux là, seront durablement frappés par cette crise.

Le ministre de l’Artisanat et du tourisme a récemment rencontré son homologue de l’Economie et des finances pour discuter du sujet et bénéficier auprès de lui d’un appui, en vue de tirer les établissements concernés du gouffre.

Les régions nord de notre pays sont depuis 2009 considérées par les chancelleries occidentales comme des zones à risque. La France de Nikolas Sarkozy a été plus radicale dans sa prise de position en déconseillant à ses compatriotes de se rendre dans ces régions . Une démarche qui a condamné à mort l’hôtellerie qui était pourtant en plein essor dans ces régions, surtout quand on sait que la France est la première pourvoyeuse de touristes à destination de notre pays.

Depuis lors, le nombre d’arrivées vers les régions nord de notre pays a beaucoup diminué. Les touristes se contentant de rester dans les villes de Bamako et Mopti. Selon les dernières statistiques en terme d’arrivées dans notre pays, c’est la France qui occupe la première place avec 25,33%. Elle est suivie des ressortissants de l’Afrique de l’ouest (17,64%) et des USA (10,36%).

En 2010, les établissements d’hébergement les plus fréquentés sont ceux du district de Bamako avec 58,04% de clients contre 62,39% en 2009. La région de Mopti occupe la seconde marche du pallier avec 23,11% et Ségou 7,53%.

On comprend aisément que les régions nord du pays soient absentes de ce tableau. C’est la conséquence de la désaffection des lieux par les touristes. La ville de Tombouctou vit à 65% du tourisme. De nombreux travaillaurs se trouvent renvoyés dans la rue en raison du manque d’activité.

L’activité touristique a connu une timide avancée en 2010, avec une légère hausse par rapport à 2009. Ainsi, une série d’actions de promotion a été réalisée par les autorités avec la participation des opérateurs privés du secteur pour parvenir à la performance. Il s’agit notamment de l’organisation d’éductours pour sensibiliser les marchés français, allemand, belge et américain. Le marché nord américain doit aussi être mieux appréhendé par des actions de promotion car il est porteur, se situant tout juste après le marché français.

En définitive, il conviendrait tout d’abord de consolider les acquis et d’orienter la promotion vers d’autres marchés en vue de faire du Mali l’une des meilleures destinations touristiques de l’espace Uemoa, voire de la Cedeao.

Abdoulaye DIARRA

03 Août 2011