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Le gouvernement vient de concéder une importante augmentation générale des salaires des travailleurs des secteurs public et parapublic. L’information a filtré du Conseil des ministres du 19 novembre 2008.

Le ministre du travail, de la fonction publique et de la réforme de l’Etat, Abdoul Wahab Berthé, a soumis à l’approbation du conseil des ministres, qui s’est tenu hier 19 novembre 2008, le projet de décret accordant une augmentation générale de salaire aux fonctionnaires et agents contractuels de l’Etat relevant du Code du travail. Ce texte fait suite au protocole d’accord signé le 18 juillet 2007 entre le gouvernement, l’UNTM (Union nationale des travailleurs du Mali) et le CNPM (Conseil national du patronat du Mali), qui prévoit en son point n°19 d’accorder une augmentation générale de 5% des salaires aux dits travailleurs.

La mesure, qui entrera en vigueur pour compter du 1er janvier 2009, comprendra deux aspects. Le premier est relatif à l’augmentation de la valeur du point d’indice des fonctionnaires et assimilés de 5%, ce qui fera ainsi passer la valeur indiciaire de 315 à 330,75.

Le deuxième concerne l’augmentation proprement dite, également de 5%, des salaires de base des agents contractuels de l’Etat relevant du Code du travail, ainsi que ceux des enseignants contractuels de l’Etat et des enseignants contractuels des collectivités territoriales dont les salaires sont à la charge du budget de l’Etat. Autrement dit, ce sont tous les travailleurs qui émargent au budget d’Etat qui verront bientôt leur salaire augmenter de 5%.

Si ceux-ci ont tout lieu de se réjouir d’une telle décision, en cette période de crise économique, il faut dire que cela ne manquera pas d’affecter les ressources publiques. En effet, la prochaine majoration des traitements de ces travailleurs va coûter à l’Etat 6,615 milliards de FCFA par an.

Ainsi, l’impact sur la masse salariale sera de 3,255 milliards pour les fonctionnaires civils et assimilés de l’administration d’Etat, 630 millions pour les fonctionnaires et contractuels payés sur la subvention du budget de l’Etat aux établissements publics à caractère administratif, 1,680 milliard pour les contractuels de l’administration et les contractuels recrutés pour le compte des collectivités territoriales.

En ce qui concerne les forces armées, l’incidence sera de 1,050 milliard. L’incidence d’une augmentation générale des salaires de 5% se sentira également sur les pensions accordées par la Caisse des retraites du Mali (CRM), à hauteur de 1,050 milliard, sur les recettes budgétaires au titre de l’impôt sur les traitements et salaires (ITS), pour 630 millions.

Au total, l’impact sur les dépenses budgétaires (impact sur la masse salariale et impact sur le solde de la CRM) s’élèvera à 7,665 milliards alors que le coût budgétaire net (dégagé en déduisant de l’impact total sur les dépenses budgétaires l’impact sur les recettes budgétaires) se chiffrera à 7,035 milliards.

A rappeler qu’au menu du protocole d’accord tripartite, figurent également la relecture des conventions collectives, le bilan des privatisations, la révision de la contractualisation dans la fonction publique, les conditions de privatisation de la CMDT, le service minimum en période de grève, des indemnités de licenciement, des fonds de réinsertion, les partants volontaires à la retraite, les prix des produits de première nécessité, etc.

Le 19 juillet dernier, le patron de la centrale syndicale, UNTM, Siaka Diakité, avait tenu une conférence de presse. Au cours de laquelle, un des intervenants avaient annoncé que certaines revendications avaient été satisfaites, d’autres partiellement, et une troisième catégorie au point mort. Aujourd’hui, les syndicalistes peuvent à juste titre se réjouir.


CHEICK TANDINA

20 Novembre 2008