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Mais incapables de le décliner en actes concrets et donc de progrès réels depuis son annonce, les courtisans du fameux PDES, qui doivent pourtant lui trouver une colonne vertébrale, n’ont trouvé rien de mieux que de lui attribuer sans discernement de nombreuses paternités douteuses.

Aussi une route financée depuis belle lurette est-elle inaugurée aujourd’hui qu’on s’empresse de la mettre au compte du PDES et non par exemple de la décennie Adéma, dont Mamadou Lamine Traoré (paix à son âme) qualifiait pourtant le bilan de « globalement goudronné » !
Les chantiers arrêtés depuis des décennies, tel « l’ex-Mariétou Palace », qui reprennent grâce à des investissements privés, c’est le PDES.

Demain, la Cité administrative, négociée et entamée sous Alpha, sera l’œuvre stricto sensu du PDES. Que celui qui n’est pas content fasse emplette de son linceul et se trouver une place de choix dans un des cimetières de Bamako !

Car pour certains apologistes, même le vent qui souffle au Mali est la preuve que le PDES marche. L’air de Dieu que nous respirons, c’est grâce au PDES. Les pluies qui commencent à être abandontes lui doivent aussi une fière chandelle. Les chantiers privés en quête de paternité, ont vite fait de trouver preneur. Hatè !

Mais, comme toute médaille a son revers, souffrez alors que le baccalauréat de cette année, qui a été boycotté par la majeure partie des enseignants du secondaire, soit celui du PDES en marche qui, décidément, ne s’encombre pas de conciliation dans un pays pourtant réputé de dialogue.

Souffrez que le recrutement en cachette, donc au mépris de toutes les règles administratives de 300 agents à la douane est un acquis du PDES ! Hé hé ! Dia dèrèsi ! Est-il donc un programme qui crée des Maliens de grande, moyenne ou petite importance ? Des milliers de familles mises à la touche avec la privatisation de Huicoma, de la CMDT, de la Sotelma… C’est l’œuvre du PDES.

Le PDES est encore en marche ? Cependant, des Maliens continuent d’avoir faim et soif. Pis, de mourir comme des mouches parce que incapables d’acheter le kilo du riz à 400 F CFA voire plus alors que les « milliardaires » de la fonction publique pullulent et circulent à bord de véhicules américains qui ne démarrent pas avec moins de dix litres d’essence dans un contexte de hausse des prix du carburant.

Pourquoi malgré la mise en route du PDES, l’insécurité reste généralisée, d’Est en ouest, du Nord au sud ? Pourquoi en dépit « du renouveau de l’action publique » qu’il prône, des journalistes et un enseignant, condamnés depuis plus d’un an, restent toujours dans les liens de l’accusation alors que leurs avocats ont aussitôt interjeté appel du verdict ?

Le PDES est en marche, mais « l’Initiative riz » plombée. Paradoxal non ! Voilà pourquoi l’évocation de son nom n’emballe plus les Maliens plus que jamais indifférents vis-à-vis du pouvoir.


A. M. T.

21 Juillet 2008