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Et maintenant ! Nous sommes dans la droite ligne de l’élection présidentielle. Après la proclamation des résultats provisoires, il revient à la Cour constitutionnelle de procéder à l’ultime phase de validation après l’examen de tous les recours déposés par les différents candidats. Nous voilà bien au cœur des règles du jeu qui donnent la possibilité légale à tous les acteurs de se référer au juge électoral pour tous les contentieux réels ou supposés nés du scrutin. La décision que la Cour prendra, quelle qu’en soit la nature, sera sans appel.

Cela veut dire que chaque acteur devra, à partir de ce moment, respecter scrupuleusement le verdict. Tel est le fond de l’Etat de droit, telle est la loi du système démocratique dont la force est d’encadrer les conflits dans le cadre de juridictions prévues à cet effet. Il est pourtant manifeste que le candidat sortant, ATT, a très largement gagné dès le premier tour, suite à un scrutin salué par la communauté des observateurs et des médias indépendants pour sa transparence, le calme et la régularité qui l’auront marqué.

Dans les prochains jours, à l’issue de la décision de la Cour Constitutionnelle, l’élection du 29 avril 2007 fera partie du patrimoine de la démocratie malienne. Une page sera tournée, avec ses tumultes et ses clameurs, ses colères et ses joies, ses adversités et ses fraternités. C’est la démocratie, dont une des modalités est la controverse, qui est ainsi faite.

Pourtant, au-delà de l’élection, il y a une autre vie, tout comme au-delà du pouvoir. Voilà pourquoi, après la tempête, vient l’heure de nouveaux enjeux : la poursuite de l’œuvre de construction du pays qui interpelle toutes les forces vives de la nation, le renforcement du climat de paix et de stabilité.

Il est vrai que les divers acteurs qui ont choisi ATT ont enduré les propos véhéments et souvent violents de leurs adversaires. Il est vrai que la campagne électorale est un moment de compétition et de polémique, avec ses lignes de front. Il s’agit en somme du choc des ambitions.

Toutefois, une telle marque de la démocratie ne doit pas s’accentuer jusqu’à atteindre l’hostilité et les crispations inutiles. Dans une démocratie, les acteurs doivent savoir tourner la page, avoir toujours à l’esprit que la compétition électorale n’est qu’une étape qui ne saurait compromettre la fraternité de tous ceux qui, hommes et femmes de bonne foi, ne sont animés que par la passion de servir le pays et les populations.

Aussi, vainqueurs et vaincus, en tant qu’animateurs de la vie démocratique, doivent se détourner du rétroviseur pour regarder en direction du futur, avec la claire conscience que l’action politique n’a de vertu, comme aime le dire ATT, que lorsqu’elle est adossée aux soucis et aux aspirations des populations. Mais aussi au respect du choix démocratique de celles-ci.

Seydou Sissoko (Source site ATT 2007)

11 mai 2007.