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Tractations et démarches pour nouer les alliances font le quotidien des quartiers généraux des deux candidats au duel final

Après la proclamation des résultats provisoires complets de l’élection présidentielle du 28 juillet par le ministre de l’Administration territoriale, de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation et en attendant la proclamation des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle, l’heure est aux tractations et aux démarches pour nouer les alliances dans les QG de campagne des deux candidats au second tour.

Rappelons qu’au premier tour, Ibrahim Boubacar Kéïta du Rassemblement pour le Mali (RPM) a obtenu 39,2% et Soumaïla Cissé de l’Union pour la République et la démocrate (URD) 19,4% des suffrages.

Conformément aux dispositions de la loi électorale, la campagne électorale pour le second tour commence seulement après la proclamation des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle. Ce n’est pas encore le cas mais ce « détail » n’empêche pas chaque camp de préparer activement le scrutin.

Dès l’annonce des résultats provisoires, Soumaïla Cissé a animé une conférence de presse pour remercier le peuple malien pour sa mobilisation, souligner les irrégularités relevées par son camp et proposer des solutions aux problèmes rencontrés.

Dans cette même logique, le camp de Soumaïla Cissé a déposé plusieurs requêtes auprès de la Cour constitutionnelle pour dénoncer ce qu’ils considère comme des irrégularités. L’URD a également adressé des lettres à tous les acteurs impliqués dans l’organisation des élections pour éviter la réédition des dysfonctionnements constatés pendent le déroulement du scrutin du 28 juillet. « Nous avons constaté beaucoup d’irrégularités tant au plan de l’organisation technique et matérielle qu’au plan sécuritaire.

Nous avons adressé une lettre à tous les acteurs du processus pour que chaque partie corrige les dysfonctionnements à son niveau », a confirmé Mme Coulibaly Kadiatou Samaké, la 2è coordinatrice de campagne de Soumaïla Cissé.

L’URD dit attendre la réponse des parties concernées, afin de pouvoir se prononcer sur sa participation au second tour. « Nous avons saisi chaque structure en ce qui le concerne. Nous voulons des assurances pour que les fraudes et autres irrégularités relevées au 1er tour ne se reproduisent plus. Sinon, le RPM ira seul au second tour », a averti Mme Coulibaly Kadidiatou Samaké.

L’URD dénonce notamment « des fraudes » autour des procurations de vote de militaires au front, la non sécurisation de la centralisation des résultats par les préfets, ou encore la non sécurisation des bulletins de vote. « Nous exigeons, par exemple, que chaque bulletin de vote porte la signature des délégués des deux candidats dans les bureaux de vote.

Nous demandons aussi que les préfets ne prennent pas partie dans le choix des citoyens. De même, une personne ne doit pas voter avec plus d’une procuration. Nous demandons également que le nombre de bulletins de vote soit égal au nombre d’électeurs inscrits dans le bureau de vote », a indiqué Mme Coulibaly Kadidiatou Samaké qui a aussi dénoncé la présence de « bureaux de vote fictifs » lors de l’élection du 28 juillet.

Dans le cadre des alliances, l’URD compte sur la plate-forme de l’Alliance pour la démocratie et République signée par une quinzaine partis politiques. « Cette plate-forme a été respectée.

Car bien que le candidat de l’Adema ait appelé à voter pour nos adversaires, les militants à la base du parti se sont engagés à respecter les termes de la plate-forme », assure notre interlocutrice qui compte également sur le soutien du Front pour la République et démocratiques (FDR) qui regroupe une vingtaine de partis politiques et associations.

« Nous travaillons à travers des rencontres avec des individus ou des corporations. Car pour nous cette élection n’est pas un report de voix. Mais c’est une nouvelle élection avec une nouvelle approche », indique Mme Coulibaly Kadiatou Samaké qui préconise des élections transparente et apaisées. « Nous partons confiants pour se second tour. Nous faisons une analyse objective des choses et de nos capacités», ajoute notre interlocutrice qui a indiqué que l’URD ne prévoit pas de meeting si la date du 11 août est retenue, comme prévu, pour le second tour.

Le camp du candidat Ibrahim Boubacar Kéïta du Rassemblement pour le Mali (RPM) indique avoir pris « bonne note » des résultats provisoires annoncés par le ministre de l’Administration territoriale. 48 heures après l’annonce, Ibrahim Boubacar Kéïta a animé une rencontre pour remercier les populations pour leur mobilisation et appeler à la mobilisation lors du second tour.

Hier au passage de notre équipe de reportage, au QG d’Ibrahim Boubacar Kéïta, les tractations allaient bon train. Les réunions en groupe ou à deux, se succédaient et ne ressemblaient pas, les téléphones chauffaient.

« Nous sommes fiers des résultats obtenus par notre candidat au premier tour. Nous restons sereins, patients et calme pour aborder le second tour de l’élection », a commenté notre confrère Sambi Touré, le président de la cellule de communication du RPM.

Dans le cadre des alliances, le RPM annonce disposer d’un solide groupe d’alliés comprenant des partis politiques et associations pour faire élire Ibrahim Boubacar Kéïta. Le RPM assure avoir, ce jour, le soutien de 71 partis politiques, 115 députés, et plus 1300 associations et clubs de soutien.

« Plus de 20 candidats au premier tour de l’élection présidentielle nous ont confirmé leur soutien. Nous avons également des alliances et plusieurs associations créées en 2012 pour faire élire IBK », a indiqué Sambi Touré qui précise que le candidat Ibrahim Boubacar Kéïta bénéficie également du soutien de l’alliance IBK, un regroupement de 17 partis politiques dirigé par le Pr Mamadou Kassa Traoré.

« Nous abordons le second tour de la présidentielle avec confiance et si le temps nous le permet nous prévoyons un meeting le 9 août », a indiqué le président de la cellule de communication du RPM.

Be COULIBALY

Essor du 07 Août 2013