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Établir un cadre légal de coopération entre les secteurs public et privé afin d’améliorer la qualité de service, de maintenance et la performance commerciale des Aéroports. C’est en ces termes que les autorités aéroportuaires du Mali s’expliquent en engageant «une entente de concession pour la gestion, l’exploitation et le développement des installations aéroportuaires du pays».

jpg_march-2.jpg Il s’agit d’un «service public» effectué par un «partenaire privé», consent l’Agence Nationale de l’Aviation Civile (ANAC) qui a organisé une conférence de presse ce mercredi 14 mars 2012. La cession des Aéroports du Mali (ADM) anime depuis plusieurs mois une vive tension qui a abouti, en février dernier, au limogeage de la directrice générale de cette structure ; un limogeage effectué sous la pression du personnel. Cette volonté de cession a été dictée par l’Accord de don des Etats-Unis portant financement du projet de modernisation et d’extension de l’aéroport de Bamako-Sénou du Millenium Challenge Account-Mali. Les travailleurs des aéroports s’inquiètent notamment pour leurs emplois.

Selon les termes d’une convention de concession que le gouvernement propose aux opérateurs intéressés par la gestion de l’Aéroport international de Bamako-Sénou, le nouveau concessionnaire engagera «l’ensemble des salariés des ADM et des AANM de l’ASECNA, quel que soit leur statut». «La Privatisation qui consiste à une cession partielle ou totale de la société ou de l’organisme public gestionnaire à un investisseur privé n’est pas envisageable», précisent les autorités aéroportuaires du Mali. Cette assurance va-t-elle adoucir le cœur du personnel des ADM ? Rien n’est moins sûr. Les travailleurs des aéroports se disent contre toute idée de privatisation de cette société d’Etat qu’ils considèrent comme la «vitrine» du pays.

Dans la pratique, affirme-t-on, les installations aéroportuaires appartiennent et appartiendront à l’Etat malien. Elles seront louées au concessionnaire, selon les termes d’une convention qui impose des obligations et droits à chacune des parties. Le gouvernement cherche à créer une Unité de Gestion du Partenariat de l’Aéroport de Bamako (UG-PAB). Cette structure aura pour mandat de superviser et de contrôler le concessionnaire en s’assurant du respect des termes et conditions de la Convention de Concession. Par ailleurs, un Comité de Suivi et de Pilotage, regroupant des représentants de l’Autorité concédante et le concessionnaire sur une base paritaire, est envisagé et aura pour tâche de traiter toutes les questions relatives à l’exécution et l’interprétation de ladite Convention.

«Toute défaillance au titre des obligations du concessionnaire en matière des contrats ou engagements conclus avec des tiers, du paiement du droit d’entrée, de la stabilité de l’exploitant, des garanties financières, de la protection de l’environnement, de la sécurité et du refus de communication constitue une faute contractuelle donnant droit à une résiliation de la Convention», explique l’ANAC dans un communiqué de presse. Le concessionnaire doit exploiter l’aéroport selon des critères de performance et indicateurs de qualité définis dans ce projet de convention.

Seydou Coulibaly

Le 15 Mars 2012

© AFRIBONE