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En application de l’article 18 de l’accord de Ouagadougou, le gouvernement a procédé mercredi à l’hôtel Kimpinsky à la libération de 23 nouveaux prisonniers qui ont été remis aux représentants de la communauté internationale. Parmi ces personnes libérées, deux n’avaient pas été placées sous mandat de dépôt. Il s’agissait pour celles-ci d’abandon de poursuite. Trois ont bénéficié de la grâce présidentielle et deux sont décédées pendant leur détention. De source proche du dossier aucune infraction majeure ne pesait contre ces prisonniers. Et leurs demandes de mise en liberté ont été agréées par les juges en charge du dossier.

RebellesLa cérémonie a enregistré la présence du ministre de la réconciliation nationale et du développement des régions du nord, Cheick Oumar Diarra et son homologue de la justice Mohamed Ali Bathily. Mohamed Ag Intallah, un des fils du vieux Intallah et Mohamed Ag Erlaf représentaient la société civile de Kidal. La communauté internationale était fortement représentée par le patron de la MINUSMA, Albert Kondoers, son adjoint Abdoulaye Bathily ainsi que Cheacka Aboudou Touré de la CEDEAO et Mohamed Sané Topan ambassadeur du Burkina Faso au Mali.

Le ministre de la justice, garde des sceaux Mohamed Ali Bathily s’est voulu d’entrée de jeu précis « Nous sommes dans un schéma de rendre l’Etat crédible par rapport aux engagements qu’il a pris à Ouagadougou vis -à-vis des mouvements armés et devant la communauté internationale. Lorsque nous voulons établir les bases d’un Etat de droit et la refondation de l’Etat du Mali, nous nous devons de rechercher davantage de crédibilité dans nos démarches. En témoignage de cela et dans le souci d’un apaisement, nous avons procédé à cette libération « . S’agissant des charges qui pesaient sur ces prisonniers, le ministre de la justice précisera que » ce sont des personnes dont les cas ont été examinés par les juridictions « .

Le juge d’instruction qui détenait les dossiers, a-t-il dit, n’a pas cru devoir relever contre ces personnes des crimes ou infractions qui ne sont pas éligibles aux accords de Ouagadougou, donc pas d’infractions majeures. Mohamed Ali Bathily dit constater que leurs demandes de mise en liberté ont été agréées par les juges en charge des dossiers en qui il fait largement confiance. Il a ajouté que d’autres actions sont en cours dans le cadre de l’apaisement mais pas dans l’impunité.

« il faudrait qu’ on ait un regard pour les victimes . Lorsque les crimes sont commis, les auteurs de part et d’autre doivent s’attendre à ce que le droit leur soit appliqué. C’est cela aussi la refondation de l’Etat, les actes graves qui ont été commis sur le terrain, le jour où on pourra en administrer la preuve, les auteurs seront interpellés en conséquence quelles que soient leurs positions » a-t-il déclaré.

Le patron de la MINUSMA Albert Kondoers tout comme le fils du vieux INtallah, Mohamed Ag Intallah ont qualifié ce geste du gouvernement de pas très important pour la réconciliation nationale et le retour de la paix.

Mohamed Ag Intallah a demandé aux autorités beaucoup plus d’efforts dans la libération des prisonniers pour permettre à la société civile de Kidal de mieux s’imposer aux côtés des groupes armés. Le ministre de la justice dit avoir pris bonne note de ces préoccupations.

ABDOULAYE DIARRA

L’Indépendant du 3 Octobre 2013