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Le trublion de la gauche radicale sud-africaine Julius Malema promet que ses troupes vont poursuivre l’occupation des terres vides pour forcer le gouvernement à accélérer la redistribution foncière au profit de la majorité noire du pays. « La nouvelle génération arrive au bout de sa patience », a déclaré M. Malema lors d’un entretien accordé à l’AFP au quartier général de son parti des Combattants pour la liberté économique (EFF), dans le centre de Johannesburg. « Les EFF ont dit aux militants que le moyen le plus pratique de récupérer des terres était d’occuper celles laissées vides pour faire pression sur l’Etat. Et ça a marché », se réjouit-il, son incontournable béret rouge vissé sur la tête. « Maintenant, l’Etat et les propriétaires terriens commencent à se dire+peut-être faut-il faire quelque chose+ ». A la tête du pays depuis février, le président Cyril Ramaphosa a engagé une réforme foncière pour, répète-t-il, « réparer l’injustice historique grave » commise à l’égard de la majorité noire pendant la période coloniale puis l’apartheid. Un quart de siècle après la chute du régime raciste blanc, les trois quarts des exploitations agricoles sont encore détenues par des Blancs, qui ne représentent que 8% de sa population. Pour rééquilibrer le tableau, M. Ramaphosa veut modifier la Constitution pour autoriser des expropriations sans indemnisation. Son projet a ravivé les tensions raciales. A moins d’un an des prochaines élections générales, il nourrit aussi les rivalités politiques entre le Congrès national africain (ANC) au pouvoir, dont la popularité s’étiole, et les EFF de Julius Malema.AFP