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Casquette orange sur la tête, les salariés du chimiste sud-africain Sasol ont envahi les faubourgs de Secunda (nord-est). Sur leurs pancartes, les motifs de leur colère. « Ma couleur de peau ne détermine pas ce que je vaux ». « Stop au racisme chez Sasol ». Au pied des hautes tours de réfrigération fumantes de leur usine, ils sont jeudi deux bons milliers à défiler contre les discriminations raciales qui, un quart de siècle après la chute de l’apartheid, continuent à miner l’Afrique du Sud. Sauf que cette fois, la plupart des manifestants sont blancs. « On ne peut pas régler les problèmes posés par un ancien système d’exclusion en instaurant un nouveau système d’exclusion », résume Dirk Hermann, le patron du syndicat Solidarité à l’origine du mouvement de grève et de la manifestation. « Ce que nous disons, c’est que quand la discrimination positive va trop loin, il faut y mettre des limites ». Si, une fois n’est pas coutume, le syndicat proche de la minorité Afrikaner blanche a décidé de faire descendre ses adhérents dans la rue, c’est pour dénoncer un nouveau plan de participation des salariés de Sasol, réservé aux seuls Noirs. En Afrique du Sud, la loi impose aux entreprises locales de réserver une part de leur capital ou de leurs emplois à la majorité noire du pays, soit 80% de ses 55 millions d’habitants, afin de réparer les injustices héritées du régime raciste blanc.AFP