Partager

ile.jpg

Selon Saheed, son patron l’aurait roué de coups de gourdin dimanche. Il a été blessé à plusieurs endroits, notamment à la tête et au poignet, et a été transporté à l’hôpital de Flacq. Il a porté plainte au poste de police de la localité.

Depuis ce jour, Saheed et ses quatre compatriotes employés de la même usine refusent de se rendre au travail. Leur employeur aurait, selon eux, menacé de les expulser. Nous avons tenté de prendre contact avec ce dernier mais en vain. La Criminal Investigation Division de Flacq, menée par le sergent Rujub, a ouvert une enquête.

Saheed nous a fait le récit de son agression et des mauvaises conditions de travail subies par ses camarades et lui.

Cela fait un an et demi, dit-il, que ses compagnons et lui ont obtenu un contrat de trois ans pour travailler dans une usine qui fabrique des fenêtres et des portes métalliques. Ils devaient toucher, chacun, un salaire de Rs 13 600. Mais les choses ne devaient pas se passer comme prévu.

Au mois de février 2006, Saheed et ses compatriotes ont obtenu une somme de Rs 3 600. Mécontents, ils ont demandé des explications à leur agent recruteur. Celui-ci a négocié avec l’employeur pour que Rs 5 500 leur soient données. Mais selon Saheed, ils n’ont finalement obtenu que Rs 4 600.

Des irrégularités que les bangladeshis ne pouvaient révéler. « Lorsqu’un inspecteur du travail venait nous rendre visite, nous étions contraints de dire que nos conditions de travail étaient bonnes. Notre employeur menaçait de nous expulser au moindre dérapage de notre part. »

Leurs rapports avec leur employeur ont commencé à se détériorer. « Il nous interdisait de sortir après le travail. Il nous obligeait à rester dans notre dortoir. On n’avait même pas le droit d’aller à la boutique du coin sans sa permission. » Ce serait d’ailleurs le principal motif de la violente agression dont il a été victime dimanche, affirme notre interlocuteur.

En effet, il s’est rendu, vendredi après midi, à la boutique du coin. Au même moment, le patron est venu faire une visite surprise. Le lendemain matin, à son arrivée à l’usine, Saheed aurait été sévèrement réprimandé. Son patron lui aurait ordonné de regagner le dortoir. Mécontent, Saheed a rétorqué : « Nous ne sommes pas des chiens. Vous n’avez pas le droit de nous traiter ainsi. » Une remarque que l’employeur n’aurait pas appréciée.

Le jour même, ce dernier se rend à nouveau au dortoir des bangladeshis. Saheed manquait encore une fois à l’appel. Ce qui aurfait provoqué la colère de l’employeur qui a exigé que Saheed se rende chez lui le lendemain.

Dès son arrivée, Saheed devait recevoir des coups. « Il m’a traîné de force dans un bureau et a commencé à m’infliger des coups à la tête et au corps. Il m’a cogné contre un mur. » Saignant de la tête, il a dû marcher des kilomètres jusqu’à Mont-Ida.

Les bangladeshis ont été pris en charge par l’Union musulmane. « Nous allons négocier pour que les ouvriers soient dédommagés et trouvent un nouvel employeur« , a assuré Basheer Moideen, président de cette association, à l’express.

Il a tenu à faire ressortir que son organisme n’est pas impliqué dans les incidents de mardi soir.

FDA

8 juin 2007