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Le Mouvement des jeunes Demandeur d’Emploi au Mali (Modem) a tenu une conférence de presse, le 25 février, pour exiger du gouvernement des mesures draconiennes afin de juguler le problème d’emploi des jeunes. Mieux que ça, l’organisation des «chômeurs», associée à la jeunesse du parti SADI (Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance) et du club du Dr. Oumar Mariko, expriment le vœu d’un départ du président de la République.

Un «chaos mondial», c’est ainsi que le Modem a défini le problème d’emploi, soulignant qu’une mafia s’est constituée autour du phénomène au Mali. «Ce n’est pas en fonction d’un diplôme encore moins d’un savoir faire qu’on trouve de l’emploi au Mali. Quand on part chercher de l’emploi, on te demande qui t’a envoyé. Si on se rend compte que tu n’es pas d’une famille ministérielle, tu es d’emblée disqualifié», a déclaré le secrétaire général du Modem, Ibrahim Mahamane Touré. Selon lui, des recrutements sont quotidiennement effectués dans la fonction publique en dépit des déclarations officielles indiquant que celle-ci est saturée.

Et dans les services privés, souligne Touré, une mauvaise publicité des produits de l’école malienne a rendu méfiant les employeurs vis-à-vis des diplômés maliens. «Les produits de l’école malienne, autrefois sacrés, sont profanés par les dirigeants» a-t-il dit, indiquant qu’elle forme encore de très bons cadres. « Ce n’est pas ce Mali qu’on attendait après mars 1991» a-t-il dénoncé.

Après ce réquisitoire, le Modem par la voix de son secrétaire général pose ses doléances : «Si le président de la République pense que sa politique doit rester conforme à la demande de sa famille, à la demande de l’occident, il n’a aucune raison de rester à Koulouba», clame Ibrahim Mahamane Touré. Mieux, l’association exige la mise en œuvre d’opportunités d’emploi pour tous les diplômés au risque de la mise en œuvre d’un chronogramme de manifestations fait de marches et de sit-in, entre autres.

Le Modem a tenu cette conférence de presse conjointement avec la jeunesse du parti SADI et le club de soutien au Dr. Oumar Mariko, secrétaire général de SADI qui ont, eux, des revendications politiques. Dans une déclaration, la J-SADI estime que les régimes démocratiques que nous avons connus ont été «incapables» de permettre au «peuple de vivre dans la dignité». La crise au nord et ses dégâts collatéraux, la question scolaire, l’insécurité alimentaire, le chômage, l’impunité, la corruption et la délinquance financière, sont entre autres, preuves d’échec du gouvernement aux yeux de la jeunesse du parti de l’opposition.

S’exprimant sur les prochaines élections, la jeunesse SADI, à l’image de la direction centrale du parti, réclame un report des scrutins électoraux et référendaire. Elle s’en explique les raisons de son choix : d’abord qu’il serait inhumain de parler d’élection aux familles des victimes des affrontements armée liées à la rébellion ; également, l’opération de révision des listes électorales soldée par une large radiation de personnes est jugée scandaleuse par le parti. Ensuite, le nombre de réfugiés est important pour être mis à l’écart du vote. Enfin, l’administration est absente de nombreuses localités dans le nord qui seront dans l’incapacité de voter.

Selon Ibrahima Kébé, commissaire principal de la jeunesse SADI, les institutions de la République ne fonctionnent plus et ce n’est que la classe politique qui s’est mise au devant de la scène pour des propositions. Sans préciser une forme de transition à conduire, le parti se dit favorable au départ d’ATT du pouvoir. La mission des autorités transitoires que propose la jeunesse SADI sera de mettre fin à la présente rébellion. Selon Kébé, la situation a paralysé le fonctionnement des institutions de la République. «Nous continuerons à demander le départ d’ATT jusqu’au 8 juin, mais dans le respect de l’ordre public» a ajouté Amadou Lamine Diallo, commissaire chargé de la communication et de la presse de la jeunesse SADI.

Seydou Coulibaly

27 Février 2012

©AFRIBONE