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Le salaire fait toujours l’objet de confidentialité tant du côté de l’employeur que de l’employé. Le milieu footbalistique malien n’échappe pas à la règle. Beaucoup de dirigeants de clubs gardent le silence sur le montant de salaire de leurs entraîneurs.

Le Stade malien et le Djoliba AC sont les deux plus grands clubs de football de la capitale. Ils sont les mieux structurés et ont formé de joueurs talentueux. Ces équipes affichent à leurs tableaux de chasse plusieurs coupes, championnats et trophées divers ainsi que plusieurs sorties continentales. Ce qui les rend davantage populaires auprès du public sportif malien.

Le président du Stade malien, Mahamadou Samaké dit Sam, s’appuyant sur les clauses contractuelles de son club, affirme qu’il n’est pas du ressort d’un dirigeant de révéler le montant du salaire d’un entraîneur ou d’un joueur. La responsabilité incombe à ces derniers de parler de leurs traitements salariaux.

Mais aux dires de Sam, le traitement d’un entraîneur de football de son club se situe dans une fourchette de 500 000 à 1 000 000 de F CFA. S’y ajoutent les primes de logement, les frais d’ordonnance et même le véhicule dans certains cas. Un expatrié peut toucher jusqu’à 1 million de F CFA y compris les avantages. Dans aucun des cas, la sécurité sociale n’est prise en compte.

A défaut d’un responsable, nous avons rencontré
l’entraîneur du Djoliba AC, Badra Alou Diallo dit Conti. Au Djoliba, l’information sur la solde de l’entraîneur est également frappée du sceau de la confidentialité. Conti, l’entraîneur des Rouges, parle plutôt du véhicule qu’il a reçu comme avantage. Il admet toutefois que le niveau de salaires des entraîneurs locaux maliens est très bas et qu’ils ne sont pas immatriculés à la sécurité sociale.

Pour gagner plus et fixer un seuil de plafond, Conti a fait cas de la création d’une Association d’entraîneurs du Mali. Celle-ci a formulé un mémorandum remis aux dirigeants de clubs. Dans ce mémorandum, l’Association réclame un salaire minimum de 300 000 F CFA. Selon Conti, cette offre a été rejetée par les responsables de clubs qui l’ont jugée trop élevée.

Pourtant, selon d’autres informations, tous les clubs ne sont pas logés à la même enseigne. Certains n’accordent même pas de salaires à leurs entraîneurs. Ces derniers sont payés en fonction de la santé financière des caisses ou de la bonne volonté des supporters.

Il y en a parmi eux qui touchent à peine 100 000 F CFA. D’autres sont entièrement suspendus à la bourse de leurs présidents qui se trouvent être les fondateurs du club. Ce dernier lot semble être le mieux loti car il perçoit un traitement alléchant.


Abdrahamane Dicko

11 Juillet 2008