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Malgré l’apparence de bonnes relations entre les autorités malienne et libyenne, le pays de Khaddafi est en passe de devenir celui qui expulse le plus de Maliens de son territoire. Il ne se passe plus de mois que des Maliens dépouillés de tous leurs biens ne soient expulsés de la Libye de façon inhumaine. En l’espace de deux semaines, l’aéroport de Bamako Sénou vient de recevoir deux vols charters en provenance de la Libye avec des expulsés maliens que Khaddafi et les siens ont trouvé indésirables.

Et comme d’habitude, dans le souci de préserver leurs relations avec le guide de la Jamahiriya libyenne, les autorités maliennes ont préféré garder le silence. Et ces expulsions allaient passer inaperçues n’eut été la levée de boucliers de l’Association malienne des expulsés (AME). Sous la plume de son président Ousmane Diarra, dans une déclaration déposée à notre rédaction, l’Associa-tion malienne des expulsés a condamné «les expulsions massives de Maliens de la Libye».

Mais, au auparavant, elle invite le gouvernement malien à plus d’attention sur la situation générale de nos compatriotes travailleurs immigrés dans divers pays qui se disent amis et alliés du notre. Dans la déclaration, Ousmane Diarra indique que la Libye vient de porter un douloureux coup à la qualité de l’estime que certains de nos compatriotes témoignaient à la Libye, son président et son peuple.

Selon lui, plusieurs Maliens en quête de lendemains meilleurs, attirés par les idéaux panafricanistes du guide libyen avaient choisi son pays comme terre d’exil. Panafricanistes avant l’heure, des milliers de jeunes africains, dont des Maliens, sans crainte, avec pour la plupart des baluchons en main ont débarqué en Libye.

Que ne fut pas leur surprise, car la Libye et son guide ne sont panafricanistes que sur les bouts des lèvres. Qui pouvait croire que Khaddafi qui ne ratte aucune occasion pour s’octroyer le rôle de chantre de l’Unité africaine, peut assister à l’expulsion de milliers d’Africains de la Libye, sans lever le petit doigt ?

Quelle est cette Afrique Unie que le guide de la Jammariah Libyenne veut bâtir s’il n’est pas prêt d’accueillir des ressortissants des autres pays d’Afrique chez lui ? Vu le rythme des expulsions d’Africains, no-tamment des Maliens de la Libye, nous doutons fort si l’Afrique Unie de Khad-dafi n’est pas que chimérique.

On ne peut pas vouloir d’une chose et de son contraire. On ne peut pas initier des campagnes pour amener les Africains à s’unir et parcourir des milliers de kilomètres de pistes rurales pour montrer sa détermination et remplir des vols charters d’expulsés une foi qu’on s’installe dans son quartier général à tripoli.

En tout cas, l’Association malien-ne des expulsés a bien perçu la duplicité du guide libyen. «L’espérance suscitée par les discours de Khaddafi et les principes de fraternité entre les peuples d’Afrique, ressassés à maints reprises, ont vite fait place à des rejets d’Africains qu’ont humilient par des arrestations fantaisistes et des détentions arbitraires, avant leur expulsion manu-militari» a regretté le président de l’association ma-lienne des expulsés.

Mais, le pire, se-lon Ousmane Diarra, c’est que nos compatriotes ont été victimes de sévices avant leur expulsion. «Ils ont été molestés, affamés et détenus pendant plus de trois mois pour certains dans les prisons libyennes» a-t-il révélé. Avant d’indiquer que cette attitude des autorités libyennes viole la réglementation internationale en la matière.

Selon lui, tous les pays du monde, dont la Libye, se sont engagés à respecter les instruments internationaux de protection des migrants. Pour cela, il a estimé que la violation li-byenne du droit international doit être condamnée par tous les pays.

Et pour l’honneur et la gloire des Africains qui ne comprennent plus le comportement du pays de Khaddafi, le président de l’Association malienne des expulsés a interpellé l’ambassadeur de la Libye au Mali à s’expliquer sur ces expulsions qui ne respectent aucune norme internationale en la matière.

Assane Koné

20 novembre 2007.