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La question de l’émigration est d’actualité à travers le monde. Les pays occidentaux cherchent à se débarrasser des étrangers, surtout des africains vivant sur leurs territoires. Déjà ils ont signé des conventions avec certains pays africains pour réglementer le flux migratoire. Malgré ces conventions et la volonté des pays d’origine, les jeunes migrants risquent leur vie en
essayant de traverser l’océan pour entrer en Europe.

Tous ces efforts et sacrifices visent la recherche du mieux être. Selon une organisation des droits de l’homme Andalouse (APDH-A), 921 émigrants illégaux sont morts en 2007 en essayant d’atteindre les côtes espagnoles. La plupart d’entre eux (629) étaient originaires d’Afrique subsaharienne.

Nos dirigeants ont-ils le choix ?

La Mali, à l’instar des pays autres pays subsahariens, est aussi confronté à ce problème surtout que sa population est majoritairement jeune. Depuis 2006, avec la visite de Sarkozy dans notre pays, des voix se sont élevées pour dénoncer la loi discriminatoire <>> que la France s’apprêtait à voter afin d’empêcher les jeunes africains à s’exiler vers l’Europe.

Et des associations et ONG interpellent à chaque occasion les dirigeants de notre pays à ne pas accepter la proposition française. Reste à savoir si nos dirigeants ont le choix. Alors, comment régler cette situation? D’une part, le pays est sous la pression des pays occidentaux, mais aussi sous la pression de sa société d’autre part, puisqu’il n’a pas les moyens nécessaires d’encadrer tous ces jeunes. N’est-ce pas une responsabilité partagée ?


Créer les conditions pour maintenir les jeunes

Si on demande aux jeunes de ne pas risquer leur vie pour aller en Europe, on doit leur donner les moyens de travailler et de renforcer leur compétence. Il faut rappeler que, pour introduire un dossier de candidature, il faut une certaine expérience que généralement les jeunes n’ont pas.

Alors que pour avoir de l’expérience, il faut commencer par quelque chose. Et il n’est pas rare de lire sur les avis de recrutement : <<Le candidat doit avoir au moins trois ans d’expérience sinon plus>>.

Aussi, au niveau des services, quelques jeunes qui ont eu la chance de s’intégrer ont du mal à renforcer leur capacité. Car, chaque fois qu’il s’agit de choisir des gens pour la formation, ce sont les vieux agents qui sont à quelques années de la retraite qui suivent ces formations. Et à chaque occasion, ce sont les mêmes têtes qui sont choisies.

Aussi, les jeunes n’ont pas les moyens nécessaires pour s’investir dans des projets porteurs. Généralement, on leur fait pas confiance. Et pour cultiver, il faut la terre et les équipements, pour créer une entreprise, il faut le financement qui, malgré l’appui de certaines banques de la place et de certaines structures comme le Fonds Auto Renouvelable pour l’Emploi n’est pas accessible à tous les jeunes.

Toute chose qui incite les jeunes à prendre le chemin de l’émigration.
En tout cas, des patrouilles aériennes et maritimes des pays côtiers et la signature d’accords de rapatriement ne sont pas la solution, car la plupart de ces jeunes n’hésitent pas à tenter l’aventure et cela à plusieurs reprises.

Pour preuve, malgré plusieurs rapatriements au large des côtes africaines du Nord-Est et la mort de plusieurs candidats de l’émigration, les jeunes continuent à prendre le même chemin. Alors qu’est-ce qu’il faut faire pour maintenir les jeunes africains ?


Dado CAMARA

14 Juillet 2008