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D’après l’Afp, un sans-papier malien de 53 ans, expulsé en octobre après avoir séjourné et travaillé 21 ans en France, est rentré mercredi dans l’Hexagone où il bénéficiera d’un titre de séjour d’un an. Toujours selon l’Afp, Mady Gassama président de l’association Alifsi (Alternative Ile-de-France pour la Solidarité et l’Intégration), qui avait saisi le ministère de l’Immigration du cas de Djimé N’Diaye, a salué la décision de l’administration mais a déploré que “dix mois aient été perdus” pour Djimé N’Diaye mais également pour la société de nettoyage qui l’employait. Selon Christophe Foucher, représentant de la CGT et présent à l’aéroport, l’expulsion de travailleurs sans papiers est “absurde”. “Les secteurs de la restauration, des travaux publics et du nettoyage n’arrivent pas à trouver de la main d’œuvre en France.

‘’ En fait, il faut surtout attirer l’attention sur les vrais bénéficiaires des retombées de l’immigration et Djimé N’Diaye, d’après l’Afp, n’a toujours pas compris les raisons de son expulsion, puisqu’il a toujours travaillé et payé ses impôts. C’est à ce titre qu’il convient de signaler ces abus et dans le document de stratégie pays et programme indicatif national 2008-2013, signé conjointement par le gouvernement et la commission de l’Union européenne, on lit : ‘’lors du dialogue de haut niveau qui s’est tenu au siège des Nations Unies, en octobre 2006 à New York, le ministre malien de l’Extérieur et de l’intégration a réaffirmé avec force la relation positive entre migration et développement. Les migrants constituent une richesse, non seulement pour le pays de départ, mais aussi pour le pays d’accueil.

L’histoire des migrations internationales récentes a montré que des pays de forte émigration pouvaient devenir rapidement des pays d’immigration. Par ailleurs, la migration a construit les nations européennes et plus récemment, les Etats-Unis. La migration est donc une chance pour tous qu’il ne faut pas sous-estimer.

De ce fait, il convient de signaler le paradoxe notoire qui consiste, particulièrement en France, de faire payer aux immigrés des impôts et taxes divers, en refusant de leur accorder des papiers. Par ailleurs, comme l’a signalé Christophe Foucher, des secteurs, en France, n’arrivent pas à trouver de la main d’œuvre, malgré l’apport considérable des Migrants. Faut-il donc que des entreprises continuent de profiter d’une main d’œuvre bon marché, en la maintenant dans une situation illégale ?

C’est pourquoi le document de stratégie pays et programme indicatif national 2008- 2013 a souligné : ‘’ sachant que l’essentiel des flux migratoires est dirigé vers l’Afrique, le cœur du débat n’est pas la lutte contre l’immigration irrégulière, qui représente à peine 1% du total des flux, mais la gestion de l’immigration de travail pour faire face aux besoins de main d’œuvre des pays occidentaux.

Autrement dit, le premier objectif d’une politique migratoire devrait être celui de la promotion de l’immigration régulière. ‘’ Le document ajoute qu’il faut mettre en place de grandes campagnes de sensibilisation et d’information pour expliquer le sens réel des migrations.

Baba Dembélé

25 Juin 2010.