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Kati a connu des heures sombres aujourd’hui. Des manifestants ont mis à feu des immeubles, une clinique et une pharmacie appartenant à des personnalités supposées «touaregs».

Pour la deuxième journée consécutive, des jeunes et femmes de Kati ont enflammé la ville, ce 1er février 2012. Malgré l’intensité de la manifestation de ce jour, les émeutiers promettent des lendemains encore plus sombres.

«Demain sera pire qu’aujourd’hui parce que les autorités nous ont promis de gérer la situation dans trois jours [Ndlr : qui expire le 2 février]. Après ce délai, nous ne nous retiendrons plus» nous a déclaré un jeune, moins de la trentaine. «On n’en peut plus de la situation qui prévaut au Nord. Il faut que cela change» exigent les manifestants composés essentiellement d’épouses et d’enfants de militaires. «Si elles n’ont pas de moyens de guerre, qu’elles évacuent nos parents» ont-ils suggéré aux autorités.

jpg_jpg_kati-marche.jpgSelon des informations, toutes les voies d’accès de Kati ont été interdites, dès huit (8) heures, aux automobilistes. Les motocyclistes qui avaient «l’autorisation» d’y accéder devaient emprunter, par endroit, des pistes cyclables. «Nous ne voulons plus d’ATT ! Il a tué nos pères et frères» a scandé en chœur un groupe de manifestants», attroupés près de pneus enflammés leur servant de barricade sur la route. «Nos parents ont été vendus par les autorités», s’empresse d’affirmer une manifestante.

Sur la foi des informations rapportées par des rescapés, la situation serait très grave au front. «Nos militaires ne reçoivent pas d’ordre de riposte face à leurs adversaires», ont expliqué les jeunes. «Ce qui nous a été rapporté est qu’il y aurait eu 150 militaires maliens tués à Aguelhok, certains ont péri dans des circonstances atroces» témoigne une militaire au milieu des émeutiers, vêtu en civil.

Plus d’une dizaine de barricades ont été érigées de Kati jusqu’au-delà d’un kilomètre de la ville. La situation est restée tendue tout au long de la journée. Les forces de sécurité déployées pour dissuader les manifestants ont assisté, impuissantes, à la scène ; puisque les protestataires n’ont pas reculer.

Deux immeubles appartenant à une ancienne ministre à été incendié. La clinique médicale Alama ainsi qu’une pharmacie ont toutes été mises à feu. Ces infrastructures ont la particularité d’être des propriétés de ressortissants du nord du pays supposés d’ethnie touareg. Toutes les artères principales de Kati étaient envahies de cailloux rendant très difficile la circulation à l’intérieur même de la ville.

Seydou Coulibaly

01 Février 2012

©AFRIBONE