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Le samedi 28 mars 2009, comme prévu, les Aigles du Mali et les Faucons du Soudan ont disputé leur premier match de la phase qualificative pour la Coupe d’Afrique des nations et la Coupe du monde de football 2010, en Angola et en Afrique du Sud. L’équipe malienne était face à un adversaire déjà connu. Ils ont évolué ensemble dans un même groupe, dans lequel chacun avait gagné son match à domicile. Alors, il était évident que chacun des deux pays devrait prendre ses dispositions.

Faucons du Soudan/Aigles du Mali, telle était l’affiche du week-end dernier à Khartoum à laquelle s’intéressait tout le public malien. Ces contribuables sont et demeurent toujours engagés à soutenir leur équipe.

Depuis le mercredi 22 octobre à Zurich (Suisse), date du tirage au sort des éliminatoires combinées Coupe d’Afrique des Nations/Coupe du Monde 2010, les rencontres de Soudan et du Bénin ont toujours fait objet de débats dans les grins. Et pour cause, ces deux adversaires sont composés de générations montantes. Ils ne sont pas inconnus pour le capitaine Mahamadou Diarra et ses coéquipiers.

On se rappelle que le Mali et le Bénin ont partagé une même poule pour les éliminatoires du dernier rendez-vous continental de football, Ghana 2008. Chacun avait arraché sa qualification, avant de se retrouver en phase finale au Ghana en 2008. C’était sous le contrôle du sélectionneur français, Jean François Jodar. Les Aigles du Mali avaient battu les Ecureuils du Bénin à leur première sortie par la marque de 1 but à 0, penalty marqué par l’attaquant du FC Séville, Frédéric Oumar Kanouté.

Quant aux Faucons du Soudan, les poulains de Stephen Keshi avaient en mémoire le match Soudan/Mali, perdu à Khartoum en 2008. Donc, ils avaient à faire avec une équipe qu’ils connaissent déjà, après avoir évolué dans la même poule au 2ème tour, de ces mêmes éliminatoires.

Les Aigles doivent toujours retenir qu’elles ont à refaire avec des équipes jeunes sans compter l’apport des entraîneurs et le physique des Blacks Stars du Ghana, un mondialiste de 2006 avait d’ailleurs fait ses preuves en Allemagne en 2008. On se rappelle que l’équipe soudanaise a arraché sa qualification à la dernière journée au dépend des Diables Rouges du Congo Brazzaville.


Soudan 1- Mali 1

Pour la rencontre du Soudan, le technicien Nigérien, Stephen Keshi avait fait appel à quatre jeunes joueurs. Ceux-ci avaient convaincu le sélectionneur national lors de l’amical contre l’Angola. Il s’agit de :

– Moustapha Yattabaré, attaquant de son état, il est auteur d’un but contre l’Angola et deux passes décisives. A Clermont Foot (Ligue 2 française), Moustapha Yattabaré a 7 buts à son compteur avec 22 titularisations après 25 journées de championnat.

– Bekaye Traoré, milieu de terrain à Amiens (Ligue 2 française).

– Abdou Traoré, milieu de terrain à Bordeau (Ligue 1 française), il est titulaire à part entière. Avec ses 1,80m, 74 kg, Abdou Traoré avait fait aussi ses preuves contre l’Angola en amical.

– Et enfin Bakary Soumaré, défenseur à Chicago Fire (Ligue 1) aux USA, Bakary Soumaré a été désigné meilleur défenseur du championnat américain en 2008.

Tous ces jeunes joueurs ont été convoqués après la double blessure (Djila, Momo). Tout le monde sportif retient que le milieu de terrain du Real Madrid (Espagne), Mahamadou Diarra «Djilla», capitaine des Aigles du Mali est indisponible pour le reste de l’année. A cela s’ajoute, l’absence du métronome de la Juventus de Turin, Mohamed Lamine Sissoko «MOMO», indisponible pour six semaines. Après les blessures remarquables de ses deux leaders du milieu des Aigles, les fans du ballon rond s’étaient inquiétées.

Le coup d’envoi du match eu lieu à 17 heures à Khartoum. Le sélectionneur a préféré aligner le duo Frédérick Oumar Kanouté et Moustaphe Yattabaré en attaque. En milieu de terrain, le trio Soumaïla Coulibaly, Seydou Kéïta, Alassane et le jeune El Hadj Mahamane Traoré. En défense, Adama Coulibaly «Police», Cédric Kanté, Souleymane Diamouténé et Adama Tamboura. Ce qui donne le système de 4 – 4 – 2.

Dès les premières minutes, les occasions de but se multiplièrent de part et d’autres, concédant parfois à des corners. Avec l’engagement et la volonté de gagner cette rencontre, les vœux des Maliens s’exhaussent à la 20è minute par Frédérick Oumar Kanouté sur une passe d’El Hadj Mahamane Traoré. Quatre minutes plus tard, les Soudanais égalisent par contre attaque, par l’entremise de leur n°11 que les Maliens connaissent. Et c’est sur ce score de 1 but partout que l’arbitre central renvoie les deux équipes dans vestiaires.

A la reprise, les deux équipes sont restées sur la même lancée que la première période. Le jeune milieu de terrain, El Hadj Mahamane Traoré a remué ciel et terre mais en vain. La jeune défense soudanaise a résisté sous la pression des attaquants maliens. Ce qui a poussé le technicien nigérian à procéder à un premier changement à la 18è minute. Maoustaphe Yattabaré cède d’abord sa place à Modibo Maïga.

Les jeunes soudanais poussent encore. Ils avaient commencé à secouer la défense malienne. A défaut de la victoire, Stephen Keshi a choisi le partage des points. Il procéda ainsi à d’autres remplacements. Soulemane Dembélé prend la place de Soumaïla Coulibaly au milieu et Bekaye Traoré pour renouveler la défense.

Durant les 90 minutes, les deux équipes ont su garder leur sang froid et se sont partagés les points. Un but partout, a été alors le score final.


Les joueurs sélectionnés contre le Soudan

Gardiens : Mahamadou Sidibé (Etnikos Achnas), Oumar Sissoko (Metz/France)


Défenseurs :
Cédric Kanté (Nice/France), Souleymane Diamouténé (AS Rome/Itatlie), Adama Tamboura (Helsingborg/Suède), Adama Coulibaly (Auxerre/France), Kalifa Cissé (Reading/Angleterre), Bakary Soumaré (Chicago Fire/USA)


Milieux :
Seydou Keita (FC Barcelone/Espagne), Sidi Yaya Keita (Lens/France), Drissa Diakité (Nice/France), Mahamane Traoré (Nice/France), Abdou Traoré (Bordeaux/France)


Attaquants :
Frédéric Oumar Kanouté (FC Séville/Esppagne), Modibo Maïga (Le Mans/France), Moustapha Yattabaré (Clermont/France) Bakaye Traoré (Amiens/France), Soumaïla Coulibaly (Mönchengladbach/Allemagne)

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Encadre : Le mythe du football malien

Immédiatement après une défaite, les joueurs et à l’entraîneur sont mis au banc des accusés. Cette responsabilité est à partager. Les autorités doivent être aussi interpellées par rapport à la réussite de ce sport. Ce qu’il faut retenir, nos représentants ont toujours travaillé dans les conditions pénibles. Ils sont chaque confrontés soit à un problème de moyens de déplacement, soit à un problème de logement ou encore de passeports.


Avant d’aller au Soudan,
l’équipe malienne a passé quatre jours de préparation à Kabala. Les nôtres ont quitté Bamako le jeudi 26 mars 2008 pour Khartoum. Mais le hic a été qu’à leur arrivée à l’aéroport du Soudan, le coach et ses joueurs furent bloqués durant 6 heures pour faute de passeport. Le chargé des passeports des joueurs n’a pu faire le déplacement pour faute de retard au départ. Quel calvaire ? Il a fallu un coup de fil du ministre de la Jeunesse et des Sports, M. Hamane Niang aux autorités soudanaises pour que nos représentants aient accès à la ville.

Qu’est-ce que M. Boubacar Diarra di Baba, 2ème vice-président de la Fédération Malienne de Football (FEMAFOOT) appelait conditions optimales ? «Toutes les dispositions sont prises pour mettre les aigles dans les conditions optimales», avait laissé entendre ce colonel dans les colonnes d’un confrère. Avec une cellule mise en place par la FEMAFOOT et le ministère de tutelle depuis un mois pour la préparation de ce match, comme l’a dit mon colonel, comment une telle situation devrait-elle arriver ? Sans compter que la délégation malienne était constituée de 35 personnes, toutes de l’environnement de l’équipe et à quel coût ?

A quelques mois du renouvellement du bureau fédéral, chacun veut se faire entendre, même si c’est sur du faux. On donne l’impression que ces hommes d’affaires veulent mettre fin à leurs pratiques. Hors pour qui connaît le dirigeant malien, l’intérêt personnel prime l’intérêt public.

On se rappelle que ces mauvais comportements de nos dirigeants font objet de promotion. En cas d’échec, tout se repose sur l’entraîneur et ses joueurs. Quelle injustice ? Les contribuables continuent de se sacrifier pour leur équipe. Les efforts consentis par le peuple pour la réussite du football au Mali resteront sans succès tant que ce sport reste entre les mains des opportunistes.

Alors peuple malien, sachez raison gardée !

Y. COULIBALY

30 MARS 2009