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Les Aigles du Mali viennent encore de faire douter plus d’un quant à leur capacité de résistance face à n’importe quelle équipe de l’heure. A l’issue d’un match qui était largement à leur portée, ils sont battus dimanche 7 septembre 2008 par le score de 1 but à 0 par les Diables rouges du Congo au stade Alphonse Massamba Débat de Brazzaville en cinquième et avant-dernière journée des éliminatoires combinées Coupe d’Afrique des Nations CAN/Mondial 2010.

«Mieux vaut mal jouer et gagner une rencontre que bien jouer et ne pas remporter un match». Telle est la philosophie de la plupart des équipes du monde. C’est dire que l’essentiel, c’est d’empocher les trois points. Si les Aigles du Mali avaient gagné le dimanche dernier contre les Diables Rouges du Congo pour le compte de la cinquième journée des éliminatoires combinées CAN et Coupe du monde, on allait dire, bien qu’ils aient mal joué, l’important c’est la victoire. Et ils ont gagné. Mais le problème a été qu’ils n’ont ni bien joué, ni gagné. D’où la déception, le découragement de tout un peuple.

Corrigés ici au stade du 26 mars par le score sans appel de 4 buts à 2 en première journée, les Congolais ont pris leur revanche de la plus belle manière dimanche. Après avoir subi la domination de Djilla et ses coéquipiers pendant plus de soixante-dix minutes de jeu, les Diables Rouges ont marqué un but assassin à la 87e minute du match. Le match s’est terminé sur ce score. L’on se demande à quoi a servi alors la domination de Stéphen Keshi et ses poulains? A rien. Une victoire ou un match nul dans cette rencontre pouvait les mettre à l’abri des calculs trop compliqués avant la sixième et dernière journée. Maîtrisant bien la rencontre en première mi-temps, les Aigles n’ont pu s’offrir aucune occasion de but digne de ce nom.

Au sortir des vestiaires, on croyait que la cohésion, la solidarité, l’entente qui leur manquaient dans les passes allaient prendre le dessus sur le jeu individuel. Mais rien n’a changé. Les finitions n’ont jamais été bonnes. Le joueur du Réal, Djilla, du FC Barcelone, Seydou Kéïta, de la Juventus de Turin, Mamadou L. Sissoko et autres ont été complètement noyés dans leur football par les Diables rouges, composés en majorité de joueurs locaux.

En tout cas, nos Aigles ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Car le match était largement à leur portée pour retourner au Mali avec trois points ou un match nul, quoique l’équipe souffrait visiblement d’une défense inefficace, d’un milieu de terrain non prompt et d’une attaque quasi absente durant les 90 minutes devant les buts adverses.

Mamady Sidibé qui avait joué son rôle d’attaquant contre le Togo à Bamako en éliminatoire de la CAN 2008 est passé inaperçu à Brazza. Mamadou Diallo ne multipliait que des positions d’hors jeux. Soumaïla Coulibaly, à part la faute du défenseur congolais qu’il a provoquée aux abords des dix-huit mètre en première période n’a plus fait de percée spectaculaire.

Seydou Kéita qui a toujours répondu présent aux rencontres des Aigles n’existait presque pas. Djilla comme d’habitude n’a pas prouvé au peuple malien qu’il évolue dans l’un des meilleurs clubs du monde. Momo s’est tiré d’affaire. Le jeune Aboubacar Tambadou manquait d’expérience pour disputer une rencontre de ce genre. La preuve : l’unique but de la partie a été centré dans son couloir.

Et la défense centrale constituée de Souleymane Diamouténé et d’Adama Coulibaly dit «Police» qui devait redresser cette faute était aux abois. Maha, considéré comme le dernier rempart est sorti tardivement pour boxer la balle avant la tête fatale de Wilfried Endzanga (buteur). Comme Momo, le latéral gauche, Amadou Sidibé, bien qu’il ait fait moins de remontées a aussi tiré son épingle du jeu. Quant à Keshi, ses changements n’ont apporté aucune amélioration dans le jeu de ses poulains.

Ténéman NDiaye, Modibo Maïga, Djibril Sidibé qui sont rentrés aux places de Soumaïla Coulibaly, Mamady Sidibé et Mamadou Diallo, ont été des assistants pour le reste de la rencontre. En tout cas, Keshi a du pain sur la planche. Car il doit encore beaucoup travailler pour avoir une équipe complète. Surtout au niveau de la défense où il ne parvient pas à avoir des joueurs qui peuvent bien évoluer ensemble. Sinon à ce rythme, il faut craindre pour la suite de nos confrontations.

Hadama B. Fofana

10 Septembre 2008