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Après avoir suscité un immense espoir pendant les éliminatoires de la Can U-17 « Rwanda-2011 », les Aiglonnets du Mali sont étonnamment passés au travers de cette compétition dans le groupe B, basé à Gisenyi. Une élimination que les spécialistes expliquent par le manque de maturité mentale des jeunes et surtout un déficit de coaching.

 » Est-ce que c’est la même sélection malienne qui a disputé les éliminatoires ? », nous interroge un officiel camerounais de la Caf à la fin du match Mali-Gambie (0-1) ! Une question pertinente qu’on n’a pas pu s’empêcher de se poser dans la délégation malienne après déroute à la Can U-17 « Rwanda-2011″. En effet, on a eu du mal à reconnaître cette sélection enthousiaste et homogène qui avait aligné 13 matches sans défaites (toutes compétitions confondues) et qui était annoncée par les observateurs comme la grande favorite de cette compétition.

 » Je ne sais pas ce qui est arrivé à cette équipe après les éliminatoires. Mais, je ne l’ai pas reconnue ici à Gisenyi. Elle m’a beaucoup séduite contre nos cadets à Lubumbashi et je la donnais totalement favorite pour cette compétition. Mais, elle est curieusement passée à côté du sujet. Certes, c’est le football, mais c’est un véritable gâchis pour le pays et surtout pour ces jeunes footballeurs », souligne Kabulo Mwana Kabulo de la commission média de la Confédération africaine de football.

Au finish, les Aiglonnets sont sortis par la petite porte en concédant deux défaites contre la Côte d’Ivoire (1-2) le 9 janvier 2010 et la Gambie (0-1) le 12 janvier 2010. Que s’est-il passé entre la fin des éliminatoires et la Can ? Notre constat, comme celui de la grande majorité des techniciens rencontrés, est que la jeune sélection nationale a perdu son principal atout : de grosses individualités au service d’un collectif bien rodé ! A Gisenyi, l’équipe s’est noyée sur le plan collectif et a joué en deçà de sa valeur. Curieusement, ces cadets sont ensemble depuis février 2010.

Mais, on n’a vu son vrai visage que pendant le dernier quart d’heure contre la Gambie. Et même là, ils n’ont pas été suffisamment percutants et lucides pour renverser la situation en leur faveur. Les joueurs ont le plus souvent fait preuve d’un individualisme exacerbé en portant trop le ballon. C’est comme si chacun voulait « taper dans l’œil » de nombreux agents et recruteurs des clubs européens massivement présents dans les tribunes à chaque match.

Un faible mental, un coaching limité

De nombreux spécialistes évoquent aussi un problème de mental et de coaching. Selon un entraîneur d’un pays voisin dont nous préférons ne pas citer le nom, « c’est le coaching qui a fait la différence face à la Côte d’Ivoire. Ce match était largement à la portée de vos joueurs, mais l’équipe a tactiquement flanché un moment et le coach n’a pas eu le flair de faire des changements au moment judicieux.

Et pourtant, cette formation regorge d’immenses potentialités collectives et individuelles ».
 » Il n’y a pas à chercher loin pour expliquer cette surprenante élimination. Les jeunes n’ont pas été mentalement forts pour faire face à leurs adversaires. Nous avons été battus au mental par la Côte d’Ivoire et la Gambie. Mais, cela n’est pas propre à cette sélection seulement. Ce sont toutes nos équipes nationales qui en souffrent. C’est pourquoi elles passent toujours à côté des grands événements même si elles sont données favorites », analyse Issa Traoré, un jeune Malien, agent-Fifa et entraîneur de premier degré en France.

 » Pendant les éliminatoires, cette sélection reposait beaucoup plus sur la volonté et le talent des joueurs que sur un coaching satisfaisant. Ici, le Mali a évolué sans aucun schéma tactique précis. Ce qui fait qu’il n’y a pas de solution de rechange une fois que la formation se retrouve en difficulté. En dehors de l’individualisme exacerbé, il y avait beaucoup de déchets tactiques dans le jeu des Aiglonnets », ajoute-t-il. Une analyse partagée par beaucoup d’autres observateurs. Pour ce qui est de l’encadrement technique malien, il se perd dans une fatalité qu’il a néanmoins le mérite « d’assumer ».

Une autre opportunité ratée

Comme l’a dit notre confrère Kabulo Mwana Kabulo de la RDC, c’est un immense gâchis parce que cette génération avait une grande opportunité de rentrer dans l’Histoire comme la première sélection malienne de football à remporter une Can. Les jeunes passent aussi à côté d’une bonne occasion de se lancer tôt dans le professionnalisme en se qualifiant pour la Coupe du monde de la catégorie prévue au Mexique.

Mais, au moins, on ne dira pas que l’Etat n’a pas joué son rôle parce que, des éliminatoires à la phase finale, le ministère de la Jeunesse et des Sports n’a ménagé aucun effort pour les mettre dans les meilleures conditions. La preuve, c’est que le Mali est le seul pays à être arrivé à Gisenyi à une semaine de la compétition. Les autres sélections sont arrivées à 72 h ou 48 h du début de cette Can U-17.

 » Le Mali est aujourd’hui un pays à envier par l’engagement des plus hautes autorités à développer le sport. Ce que le gouvernement malien fait pour le sport, notamment le football, rares sont les pays de l’Afrique subsaharienne qui le font. Les infrastructures réalisées en quelques années sont édifiantes. Votre pays est l’un des rares en Afrique qui peut aujourd’hui organiser n’importe quelle compétition de la Caf sans trop investir dans les infrastructures dont la plupart existent », témoigne un officiel de la Caf, originaire du Cameroun.

La volonté politique est réelle et les infrastructures de la performance existent ! Qu’est-ce qui manque alors aux footballeurs maliens généralement talentueux ? La volonté et le mental soutenus par un bon encadrement technique !

Moussa Bolly

(depuis Gisenyi)

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Championnat national : Deux entraîneurs limogés

Deux clubs du championnat national de Ligue 1/Orange viennent de se séparer de leurs entraîneurs. Il s’agit de l’AS Police et de l’Usfas. Deux clubs viennent de se séparer de leurs entraîneurs. Mardi, l’Usfas a annoncé la démission du technicien Alou Badra Diallo « Conti », et l’AS Police avait limogé lundi Diofolo Traoré.

Après la défaite 2-1 face au Centre Salif Kéita (CSK) lors de la 8e journée, Alou Badra Diallo avait reçu son bon de sortie, a indiqué un membre de la direction du club, actuel 11e au classement avec 5 points après 8 journées. Pour remplacer « Conti », les militaires ont fait appel à Fagnery Diarra, qui avait les rênes de cette équipe lors de la saison 2008-2009.

Quant à l’AS Police, dernier du classement avec seulement 2 points à son compteur, il avait annoncé dimanche le départ de Diofolo Traoré dont le remplaçant n’est pour l’instant pas connu. Mais, de sources proches du club, des pourparlers très avancés sont en cours avec Djibril Dramé, ancien entraîneur du Stade malien de Bamako, vainqueur de la Coupe de la Confédération africaine de football 2009.

Sarr

14 Janvier 2011.