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C’était la fête lundi à Djoliba dans le Mandé profond. Hommes et femmes, vieux et jeunes étaient sortis en grand nombre pour accueillir le ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, Hamed Diane Séméga, venu inaugurer le réseau électrique de cette commune rurale.

L’événement a regroupé, autour du ministre, le représentant du maire de Djoliba, Bakary Keita, le directeur national de l’Energie, Laciné Sylla, le directeur général de l’Agence malienne de développement de l’énergie domestique et de l’électrification rurale (Amader), Ismaël O. Touré.

L’électrification de Djoliba participe d’un vaste programme d’installation de plates-formes multifonctionnelles dans 20 localités reparties dans sept de nos régions. Seule Kidal n’est pas encore concernée. Il s’agit des localités de Diboli, Kersingané, Kokofata, Sébékoro, Sirakoro et Troungoumbé (Kayes), Djoliba (Koulikoro), Kéléya et Ouré (Sikasso), Farakala et Touna (Ségou), Boni, Diafarabé et Korientzé (Mopti), Douékiré et Mekorey (Tombouctou) et Bentia, Labbezanga et Wattagouna (Gao).

Cette action fait partie d’une série d’initiatives prises par nos autorités pour faire du monde rural le moteur du développement socioéconomique du pays. Au nombre de celles-ci figurent, entre autres, la mécanisation de l’agriculture, la loi d’orientation agricole (LOA), la politique de désenclavement intérieur et extérieur, et l’accès au crédit par la mise en œuvre des caisses d’épargne dans plusieurs localités du pays.

Le réseau électrique de Djoliba s’étend sur 4 kilomètres. Il est alimenté par deux générateurs. Il fournit 5 heures d’électricité par jour, avec un tarif mensuel forfaitaire de 750 Fcfa par ampoule et 2000 Fcfa par prise pour le branchement d’un téléviseur.

Le projet d’électrification de Djoliba va bénéficier à 200 abonnés domestiques, socio-communautaires et productifs et alimentera 50 à 100 lampadaires d’éclairage public. Il permettra d’améliorer les conditions de vie et de travail des 5155 âmes de la localité.

La création d’emplois et d’activités génératrices de revenus pour les femmes, l’allégement de leurs corvées quotidiennes (eau, pilage, mouture etc…), la lutte contre l’exode rural des jeunes et des femmes et l’insécurité dans le village constituent les avantages les plus visibles du projet.

Pour le président du comité de gestion, Tamba Keita, l’arrivée du courant à Djoliba consacre l’envol du véritable développement de la commune. « Si le jour du lancement du programme d’électrification des 20 villages était un plaisir, aujourd’hui, c’est toute une population comblée qui vient témoigner sa reconnaissance à l’endroit du gouvernement et singulièrement au président de la République, Amadou Toumani Touré« , a-t-il dit.

Il a confirmé l’adhésion des habitants de Djoliba à ce projet. Cette adhésion se traduit par des actes concrets : construction de deux locaux devant abriter les deux générateurs, financement de 300 mètres de réseau supplémentaire et obtention d’un groupe électrogène de seconde main de 50 Kva. Le coût de ces investissements est estimé à plus de 7 millions de Fcfa.

Pour renforcer le comité de gestion composé de trois membres, le village a installé un organe consultatif et de surveillance, appelé comité de régulation et de contrôle. Il doit servir d’interface entre les clients et le comité de gestion.

Se félicitant de l’aboutissement du projet, le représentant du maire, Bakary Keita, a assuré de la disponibilité et de l’engagement des responsables locaux à pérenniser ce qu’il appelle désormais « le fleuron » de Djoliba.

Pour le ministre Séméga, au delà de la création d’emplois et d’activités génératrices de revenus, l’électricité constitue un maillon important dans la lutte contre l’insécurité. « Aucun développement ne saurait être possible sans la lumière. C’est pourquoi, durant ces dernières années, le gouvernement, sur instruction du président de la République, l’a inscrit dans ses priorités de développement. L’accès du plus grand nombre de population à l’électricité constitue un puissant moyen de lutte contre la pauvreté« , a indiqué Hamed Diane Séméga.

Le ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau n’a pas manqué de souligner l’importance de la nouvelle politique de vulgarisation de la plante pourghère. Invitant à l’adhésion à cette nouvelle stratégie de promotion du biocarburant, il a qualifié le pourghère de porte de sortie pour notre pays dans la réduction de la charge énergétique. Les populations lui ont promis de planter des dizaines d’hectares de pourghère dans les années à venir.
L’animation musicale était assurée par la diva nationale, Ami Koïta, native de la localité.

L’Essor

13 septembre 2007.