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Le feu vert a été donné aux opérations de révision annuelle de la liste électorale par le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales dans un discours radiotélévisé le 1er octobre dernier.

Cette opération est d’autant plus utile qu’il s’agit d’inscrire sur les listes les électeurs qui viennent d’atteindre la majorité et d’en extraire ceux qui sont décédés, ont changé de domicile ou ont été frappés par une mesure de retrait du droit de vote par suite d’une décision de justice.

Le manque de matériels

Si dans les mairies des communes que nous avons visitées la semaine dernière, le travail avait timidement débuté -par manque de matériel principalement-, l’opération semble avoir aujourd’hui atteint une bonne cadence.

Il y a juste une semaine, dans la mairie de la Commune III, Samba Fofana, le président de la commission administrative et ses collègues s’affairaient autour d’une table avec quelques vieux documents. « Nous ne voulons pas rester sans rien faire. Même si les nouvelles fiches ne nous sont pas parvenues, nous essayons de remplir les anciennes avec les registres des enfants qui sont nés en 1991. Ils auront 19 ans en 2009 et ils constituent le nombre le plus important d’électeurs« , lance-t-il.

Le lendemain, en Commune IV, un constat identique s’impose. Le secrétaire général de la mairie, Abdallah Faskoye, nous indique que la commission siège au centre secondaire près du marché de Lafiabougou. Sur les lieux, surprise : il n’y a personne sauf une dame qui explique que « les membres de la commission se sont découragés et sont partis à la maison, car il n’y a pas de matériel de travail« .

Même problème en Commune V. « Nous avons reçu la décision hier et nous voulons commencer le travail lundi, si le matériel nous parvient avant la fin de la journée », annonce le maire, Demba Fané.

La Commune VI s’essayait au même moment à « la débrouille« . Le maire Souleymane Dagnon ne voulant pas « laisser la commission au chômage technique« , a acheté du matériel de bureau : des crayons à bille, des règles, des gommes, etc.

Dans l’après-midi du vendredi 4 octobre, Mme Haïdara Sirantou Coulibaly, secrétaire général de la mairie de la Commune II, estimait que « c’est à partir de lundi qu’on pourra voir clair dans cette affaire« . En attendant, une équipe de recensement interne a été mise en place pour faire l’inventaire des cartes non retirées.

A Korofina Nord, même si le président de la commission administrative n’était pas sur place, il a reçu de son collègue, Adama Niaré, une bonne nouvelle : les fiches sont arrivées.

Hier, le tableau avait notablement évolué comme a pu le vérifier le gouverneur Ibrahima Féfé Koné qui a sillonné les six communes du District de Bamako pour mesurer le point d’exécution de l’opération et apporter des solutions aux éventuels problèmes.


La part des partis politiques

Cette visite a débuté en Commune I. A l’arrivée de la délégation, vers 10 heures, le président de la commission administrative, Aguissa Dicko, et ses 45 collaborateurs étaient déjà à la tâche.

Le matériel a été livré ici depuis vendredi

Cap sur la Commune II où la délégation a été accueillie par le maire Ibrahima Ly au centre secondaire d’état civil de Médina Coura. « 
« , a expliqué le chef de cabinet du gouverneur.

Des problèmes, il y en a à deux niveaux, réagit Bakary Traoré, le président de la commission : l’argent qu’il faut trouver pour la rémunération des agents chargés de la révision des listes et le retard des représentants de l’administration.

Idem en Commune III si l’on en croit Samba Fofana, le président de la commission. Des lacunes qui n’ont pas empêché les 28 membres présents d’avoir déjà enregistré 1787 nouveaux électeurs. Ibrahima Zerbo, le responsable de la commission administrative en Commune IV, évoquera grosso modo les mêmes problèmes mais a donné l’assurance au gouverneur que la commission s’emploiera à ce que l’élan pris ne soit pas stoppé « pour cause d’argent ». Il a, cependant, rappelé que « les partis politiques avaient aussi leur part de responsabilité » en ce qui concerne le soutien aux membres de la commission.

En Commune V, c’est l’absence des représentants de l’administration (7 sur 21) qui était le plus frappant. D’où l’irritation de Ibrahima Féfé Koné : « je vais attirer l’attention des chefs de services pour qu’ils libèrent les agents qui sont appelés à remplir ici des missions de service public. On ne peut pas continuer comme cela ».

Au centre secondaire de Magnambougou en Commune VI, tout le matériel était disponible et les 36 membres étaient si concentrés sur leur travail qu’ils n’ont pas arriver les visiteurs. Le débat a plutôt porté ici sur le retrait des cartes d’électeurs. Là encore, Ibrahima Féfé Koné a clarifié les choses : « Pour les cartes non enlevées, nous allons rédiger une lettre circulaire qui déterminera le mode opératoire pour toutes les communes« .

A la fin de sa visite, le gouverneur a salué l’atmosphère qui prévaut dans les différentes communes et lancé un appel à la population afin qu’elle se déplace massivement pour s’inscrire.

Il faut noter que la présente révision annuelle des listes électorales, coûtera 578,5 millions FCFA. La Direction nationale de l’intérieur annonce que 20% de la somme est déjà disponible.

P. Mben

09 Octobre 2008