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Hillary Clinton est dans la tourmente, à cause de la fièvre « Obamania » qui s’est subitement emparée des Américains dont les cœurs semblent vibrer à présent pour le jeune sénateur de l’Illinois, Barack Obama.

En effet, dès mardi 12 février dernier (avant-hier) Barack Obama a pris un net avantage sur Hillary Clinton dans la course à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle des Etats Unis d’Amérique de novembre prochain. Actuellement, tous les regards sont tournés vers les primaires du Texas que Hillary Clinton doit absolument remporter, le 4 mars prochain, pour espérer combler le gap qui le sépare désormais de son rival.

Mais au-delà de l’effet Obama que représentent ces primaires américaines ?

Après la fermeture des derniers bureaux de vote dans le Maryland, en Virginie et à Washington, avant-hier mardi, la bête politique Hillary Clinton, Hillary Clinton s’est exprimée depuis le Texas où elle se trouvait déjà pour préparer une éventuelle déferlante en sa faveur. Sa défaite du jour, le limogeage de son directeur de campagne et la démission de son directeur de campagne adjoint n’ont point été évoqués. Stratégie électorale oblige ! Il ne sert à rien de se focaliser sur le vécu, au moment où Barack Obama est en train de surprendre le monde entier par les performances enregistrées à l’occasion des primaires américaines. Préparer les prochaines étapes de ces primaires est désormais le seul objectif de l’avocate d’affaires qui promet des jours amers à Obama pour la suite des primaires.

De toute façon, le sénateur noir de l’Illinois, dont personne ne payait cher de la peau il y a tout juste trois mois, est en train de faire vibrer l’Amérique. Il a tenu en haleine un auditoire de 16.000 personnes dans la ville universitaire de Madison. Son discours y est jugé, par les observateurs, plus sobre que celui prononcé dans le New Hampshire et écrit par le jeune Jon Favreau, sortant de l’université jésuite Holy-Cross du Massachusetts et recruté dans les rangs de John Kerry.

Avec le talent oratoire qu’on lui reconnaît, Obama s’est écrié élégamment: «Aujourd’hui nous avons gagné à Washington. Mais ce mouvement ne cessera pas tant qu’il n’y aura pas du changement à Washington». Il a insisté sur ses options de changement, critiquant au passage «les cyniques» qui ne croient pas à son mouvement, avant d’interpeller une fois de plus les sceptiques en ces termes: «C’est la nouvelle majorité américaine».

Ces propos rapportés par l’AFP confirment les positions courageuses du jeune démocrate noir qui a fait du changement un de ses grands axes de campagne électorale. Dans ses sorties il n’épargne ni Hillary ni son rival principal dans le camp d’en face, John McCain qui se bat pour être le candidat attitré des républicains à la présidentielle de novembre prochain.

Dans le district de Columbia, Barack devance Hillary de 50 points (75% contre 24%). Dans le Maryland Obama l’emporte (60% contre 37%) et en Virginie il confirme son avance (64% contre 35%). Il faut noter que maryland et Virginie font partie du fief du sénateur de l’Illinois à tel point que des observateurs se demandent s’il n’a pas déjà épuisé ses cartouches. En d’autres termes cette bourrasque Obamania ne serait-elle pas un phénomène propre à cette région ?

De toute façon, Barack Obama a bénéficié des voix des indépendants autorisés à participer au scrutin et il a su surtout, à travers un discours de rassemblement, se rallier plusieurs couches importantes de la société américaine qui se retrouvent dans ses positions et propositions.

Rien que dans la capitale fédérale, la mobilisation a atteint des records. Même les organisations religieuses, interdites de faire campagne aux Etats-Unis sous peine de perdre leur faveur d’exemption fiscale, n’ont pu se retenir dans la manifestation de leur sympathie pour Barack Obama. Des rabbin et autres membres influents de synagogues se sont mobilisés pour lever des fonds au profit de Obama.

Dans un rayon de 150 km du capitole, plus de 200 événements de soutien ont été organisés au profit du jeune sénateur, contre le dixième pour Mme Clinton. Les mouvements de soutien pro Barack foisonnent : les professeurs, les Vétérans, les entrepreneurs, les femmes, le Barbecue Africa, les Kurdes, les Ethiopiens, etc. Il grignote le vote des noirs, des blancs et des femmes. Ces deux derniers groupes attribués à tort à Hillary auparavant, ont prouvé par leur vote qu’il désormais compter avec une Amérique en rupture avec les préjugés et clichés raciaux.

Point sombre pour Obama : son trop grand penchant pour Israël et les juifs. Ce qui vaut d’ailleurs à Hillary, en réplique, un fort soutien des musulmans. Auxquels sont venus s’ajouter les militaires certainement agacés par les critiques de Barack contre les interventions militaires américaines un peu partout dans le monde.

A ce jour, selon les calculs diffusés par la chaîne MSNBC, Barack Obama arrive largement en tête avec 1017 délégués acquis à sa cause contre seulement 942 pour Hillary Clinton.

Mais gagner des batailles n’est pas remporter la victoire finale à la guerre, surtout qu’on est encore loin des 2025 délégués requis pour s’assurer d’être le candidat du parti.

Amadou Bamba Niang

14 Février 2008.