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Le premier tour des élections législatives au Mali se tient ce dimanche 24 novembre 2013. À la différence de la présidentielle de juillet – août dernier, l’affluence n’est pas à hauteur de souhait.jpg_une-2343.jpg

À la mi-journée, les bureaux de vote recevaient les électeurs au compte gouttes. De notre tour d’horizon de quelques centres de vote, il n’y avait pas de problème d’organisation technique à signaler. On pouvait y apprécier également le dispositif sécuritaire. «De manière générale, 93,7% des bureaux de vote couverts ont été ouverts à l’heure. A l’ouverture des bureaux de vote, 91,8% des membres des bureaux de vote étaient présents… L’essentiel des documents et matériels électoraux étaient en place. Ce qui a permis le démarrage effectif des opérations de vote», a rapporté le Pôle d’observation citoyenne électorale (Poce) sur la base de rapport préliminaire reçu de ses 3700 observateurs sur le terrain.

Seul bémol : les élections se faisaient énormément attendre. «On n’a pas enregistré de fil d’attente depuis ce matin», a déclaré à 10 heures 40, Manabat Ana Gueye, coordinateur du centre de vote d’Hamdallaye plateau. Dans le bureau N°05 dudit centre, 64 personnes s’était rendu à l’isoloir. Mais ce nombre est «largement inférieur» à celui que Mamoudou Kanté et son équipe avait accueilli pendant les deux tours de la présidentielle et à la même heure. «En commune I, l’affluence est très timide», a indiqué un confrère contacté par nos soins.

La situation semble générale sur toute l’étendue du territoire. «Le POCE a constaté [à la mi-journée] la faible affluence et invite les électrices/électeurs à poursuivre la mobilisation», a indiqué ce groupe de veille de la société civile malienne dans un communiqué à 13 heures. Au bureau de vote N°67 du centre Aminata Diop de Lafiabougou à 9 heures, il n’y avait que trois personnes à avoir accompli leur devoir citoyen, soit une heure après l’ouverture des bureaux.

«Le Mali est débout et marche très bien»

jpg_une-2344.jpgBeaucoup de personnes ont décidé de s’abstenir. Motifs principaux de leur frustration : les premières mesures politiques du gouvernement, les alliances contrenatures et la moralité douteuse des candidats. «Nous, nous pensions que dès les premières heures [du président Ibrahim Boubacar Keïta], qu’il y aura une solution à la situation de Kidal», s’est indigné un garde pénitencier, assis à moins de 50 mètres de la porte d’un centre de vote en commune IV en s’exclamant : «Je ne voterai pas ; je ne fais plus confiance à personne». Même son de cloche pour le président d’un bureau de vote du centre plateau, habilité à voter à l’école Aminata Diop de Lafiabougou. La distance est venue à bout de son courage. «En réalité, aucun candidat ne m’inspire confiance», s’est-il défendu.

Au parfum de ces frustrations, le président de la République s’en défend après son vote à 12 heures 30 à l’école AB de Sébéninkoro. «Il y a des malentendus qui avec le temps vont s’estomper. On a fait ceci, on a fait cela… Tout ce qui a été fait l’a été dans le seul intérêt du Mali», a souligné Ibrahim Boubacar Keïta dans un entretien accordé à la presse, estimant que «le Mali est débout et marche très bien».

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE

Le 24 Novembre 2013