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A la présidentielle, les OSC avaient abattu un remarquable travail de sensibilisation des électeurs. Il leur est demandé de renouveler la performancejpg_une-2256.jpg

Les programmes d’activités des organisations de la société civile (OSC) en matière d’éducation civique et de sensibilisation électorale ont été lancés hier dans la salle de conférences du gouvernorat du district de Bamako à travers un atelier de formation et d’information. La cérémonie d’ouverture des travaux était présidée par le ministre de l’Administration territoriale Moussa Sinko Coulibaly, en présence du gouverneur du district, Georges Togo, du directeur pays du PNUD, Boubou Dramane Camara ainsi que les acteurs des OSC.

Initiée par le PNUD, la rencontre entrait dans le cadre de la composante « Education civique, communication/information et sensibilisation des électeurs » qui constitue un des trois piliers du projet PAPEM/PNUD. Ce programme vise à promouvoir le sens civique au sein de la population malienne en vue de relever le taux de participation aux élections. Il s’appuie sur les OSC pour mettre en œuvre dans toutes les régions du pays des activités d’éducation civique et de sensibilisation électorale tout au long des différentes échéances électorales dans notre pays.

A cet effet, après l’élection présidentielle, le PNUD à travers le PAPEM a lancé un appel à proposition qui a permis de retenir 62 OSC pour la mise en œuvre de 66 microprojets dans les 49 cercles et les 6 communes du district de Bamako. Ceci pour un montant de près d’un million de dollars (soit 500 millions de FCFA). Cependant, conformément aux recommandations issues de l’atelier d’évaluation de l’élection présidentielle par les OSC, il est apparu nécessaire d’organiser un atelier d’harmonisation non seulement des activités de terrain, mais aussi des thèmes et messages de sensibilisation. D’où l’organisation de la rencontre d’hier qui ambitionnait de mettre à niveau les OSC sur les approches méthodologiques communes d’éducation civique et de sensibilisation électorale au regard du défi que représentent les élections législatives.

Concrètement, il s’agissait de permettre aux OSC d’acquérir des informations claires et cohérentes à transmettre aux électeurs afin que ceux-ci participent massivement, de façon consciente et démocratique à un processus électoral transparent, apaisé et inclusif. A travers l’atelier les participants ont été aussi informés sur l’état d’avancement des préparatifs des prochaines élections législatives. Pour le directeur pays du PNUD, ces élections constituent des scrutins de proximité avec des contraintes opérationnelles plus exigeantes que celles de l’élection présidentielle. Aux acteurs des OSC, Boubou Dramane Camara dira que les défis sont là, que le temps pour les relever est court (27 jours), mais qu’il reste convaincu que ses partenaires sauront non seulement informer les populations sur les enjeux de ces élections de proximité, mais aussi obtenir leur mobilisation pour des opérations apaisées avec un taux de participation appréciable. Boubou Dramane Camara a enfin remercié le gouvernement pour les préparations extrêmement minutieuses déjà faites et les avancées obtenues pour que les élections se tiennent dans les meilleures conditions.

DES GERMES DE CONFLITS – Des remerciements, le ministre Moussa Sinko Coulibaly en a lui aussi adressé aux acteurs des OSC pour leur engagement à son côté et surtout pour le travail réalisé qui a permis à notre pays d’avoir des élections apaisées et un taux de participation très apprécié. Cet élan, a-t-il lancé, il faudra l’améliorer. Ce qui justifie l’appui des partenaires à travers le Basket Fund géré par le PNUD pour soutenir notre pays dans un programme de sensibilisation et de mobilisation des électeurs. Selon le ministre, il ne saurait y avoir d’élections ouvertes, justes et démocratiques si nos compatriotes électeurs ne participent pas massivement pour exprimer leur choix selon les normes définies par la loi électorale.

Les élections législatives qui à certains égards sont qualifiées « d’élections locales » portent en elles des germes de conflits, d’affrontements de proximité. Il est par conséquent, selon le ministre, du devoir des autorités d’anticiper à travers des activités comme l’éducation à la paix, la cohabitation pacifique, le plaidoyer en faveur de la tolérance et du droit à la différence. Une campagne contre la fraude et les intimidations électorales doit aussi être assidument menée.

Pour Moussa Sinko Coulibaly, « voter n’est plus un acte étrange aux yeux de nos concitoyens ». Mais si les résultats des votes n’expriment pas réellement le choix des citoyens, le pays ne sera pas épargné par des évènements malheureux et des conflits électoraux. C’est pourquoi le ministre, tout en saluant l’engagement et la détermination des OSC à accompagner le Département pour des élections libres, justes, démocratiques, transparentes et apaisées, a indiqué qu’il accorderait une attention particulière aux activités réellement déployées sur le terrain.

M. A. Traoré

L’Essor du 30 Octobre 2013