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Du 18 au 19 mai 2007, le cadre de concertation des femmes des partis politiques en partenariat avec le PNUD, le Réseau APEM, le NDI, l’Ambassade du Canada, l’IMD, et le PACT GTZ, a organisé un atelier de renforcement des capacités des candidates aux élections législatives. A la faveur de cet atelier, une quarantaine de femmes candidates au niveau du district de Bamako ont été outillées pour aller à la conquête de l’électorat.

Crée en novembre 2003, pour augmenter la représentation des femmes au niveau des instances de prises de décisions, le cadre de concertation des femmes des partis politiques (CCFPP) compte mettre les élections législatives 2007 à profit pour atteindre son objectif.

Pour cela, le CCFPP ne veut rien laisser au hasard. Avec l’appui d’un certain nombre de partenaires, il vient d’initier une série de formations à l’intention des femmes candidates aux élections législatives 2007. Si les ateliers dans toutes les régions du pays ont été programmés pour les 25 et 26 mai 2007, celui du district de Bamako a eu lieu du 18 au 19 mai 2007. Placée sous la présidence de Mme Diallo Mbodji Sène, ministre de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, la cérémonie d’ouverture de l’atelier a enregistré quatre interventions.

Mme Mariko Korotoumou Théra, porte parole du CCFPP, d’entrée de jeu a rappelé que le Mali venait de boucler l’élection de son président de la République avec la proclamation des résultats définitifs par la cour constitutionnelle. Au nom du CCFPP, elle a remercié toute la classe politique pour avoir placé l’intérêt de la nation malienne avant tout. Selon elle, cela démontre, encore une fois, la grandeur d’esprit de la classe politique malienne.

La porte parole du cadre a adressé ses félicitations au président ATT pour sa réélection à la magistrature suprême. Elle a attiré l’attention du président élu sur la représentation timide des femmes au niveau des instances de prise de décisions. Elle a aussi félicité Mme Sidibé Aminata Diallo pour son courage. “ Pour la première fois qu’une femme brigue la magistrature suprême de notre pays, cela a été une expérience utile vu le score honorable obtenue par la candidate ” a-t-elle indiqué.

Elle a ensuite déclaré que la série d’ateliers initiée à l’intention des femmes candidates aux élections législatives est une suite logique de la dynamique créée par le cadre depuis un certain temps. Selon elle, ces ateliers visent à renforcer les capacités des femmes candidates afin de les permettre de faire une bonne campagne devant les conduire à l’Assemblée nationale. “ L’ambition visée à travers ces formations que nous organisons dans le district de Bamako, les 18 et 19 mai 2007, et dans les huit capitales régionales, les 25 et 26 mai 2007, c’est d’avoir une Assemblée Nationale constituée au tiers par des femmes ” a-t-elle déclaré.

Avant d’indiquer que ce qui n’a pas été obtenu par les voix institutionnelles, le sera par la voix des urnes. Mais, elle a dénoncé les partis politiques qui ont déjà mis des entraves à l’inscription des femmes sur les listes électorales. “ Les exigences financières démesurées fixées par certains partis politiques pour figurer sur les listes électorales, viennent d’exclure le gros lot des femmes des listes de candidatures, surtout les femmes les plus dévouées à leur parti ” a-t-elle déclaré. Pour cela, elle dira à ses sœurs que le plus gros du travail demeure à l’intérieur des partis politiques pour relever les défis de la participation des femmes à la gestion des choses publiques.

De son côté, Issa Maiga, représentant du Réseau APEM, a levé le voile sur les modules qui seront enseignés aux femmes candidates. Raphaël Ouattara, représentant résident du NDI au Mali a rappelé aux femmes l’ampleur de la tâche. Selon lui, il y a moins de 12 % de femmes dans les assemblées nationales en Afrique au Sud du Sahara. Il leur a indiqué que dans leur lutte, elles doivent compter sur des forces favorables et s’attendre à des forces défavorables.

Pour sa part, Mme Diallo Mbodji Sène, ministre de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille a indiqué que les pesanteurs socioculturelles, l’analphabétisme, la méconnaissance des textes entravent l’exercice effectif des droits des femmes et demeurent des obstacles à leur pleine participation à la vie publique et à la prise de décisions. Pour cela, elle a salué l’initiative du cadre de concertation des femmes des partis politiques.

Selon elle, cela contribuera, sans nul doute, au renforcement des capacités des candidates. “ Elles pourront mieux appréhender les difficultés qui se dessinent tout au long de la campagne ” a-t-elle déclaré. Avant d’espérer que les outils qui seront mis à la disposition des candidates durant ces sessions de formation dans les huit régions et le district de Bamako, les aideront pour aller à la conquête de l’électorat et au-delà, pourront améliorer le niveau de la représentativité des femmes à l’Assemblée Nationale.

La cérémonie d’ouverture a été immédiatement suivie par les communications. Les femmes candidates ont été édifiées sur des thèmes tels que : la levée de fonds pour la campagne, l’organisation de la campagne, l’élaboration des messages, les techniques d’animation et la candidate face aux medias. Dans des travaux de groupes et des simulations, les femmes candidates, avec des niveaux différents, ont prouvé qu’elles étaient prêtent pour la conquête du parlement.

Assane Koné

21 mai 2007.