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Les partis politiques et les candidats indépendants affûtent leurs armes pour les échéances communales. Si les partis traditionnellement bien implantés sur le territoire national observent le statut quo sur les modes d’élection de leurs candidats, il n’en demeure pas moins que les formations moins représentées au plan national expriment leurs inquiétudes et craignent de jeter leurs forces dans une bataille perdue d’avance.

Compte tenu de l’actuelle tendance de certains partis à se renforcer en ratissant large dans le camp des autres pour maintenir une bonne marge de majorité, des hommes politiques pointent du doigt les différents modes de scrutin. Ils désignent notamment le scrutin majoritaire comme source de leurs déboires et veulent instaurer le scrutin proportionnel pour renverser la vapeur et avoir droit au chapitre. L’occasion se présente à eux sous la forme de la relecture annoncée des textes de la République.

En fait, les constitutionnalistes disent que le scrutin majoritaire favorise les grands partis alors que le scrutin proportionnel permet aux formations moins bien implantées d’avoir accès à des sièges. Dans sa logique, le scrutin majoritaire permet seulement à deux candidats de rester en lice au second tour, ce que déplorent des hommes politiques dont les partis ont des difficultés à obtenir une majorité de voix.

L’article 140 de la loi électorale, par exemple, stipule que le président de la République est élu au suffrage universel direct. L’élection a lieu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. Si celle-ci n’est pas obtenue au premier tour, il est procédé à un second tour, le deuxième dimanche suivant.

Seuls peuvent se présenter les deux candidats qui auront recueilli le plus grand nombre de suffrages au premier tour. En cas de désistement de l’un des deux, les candidats qui suivent se présentent dans l’ordre de leur classement à l’issue du premier tour. Est déclaré élu, le candidat ayant recueilli la majorité absolue des suffrages exprimés. De même, l’article 157 de la loi électorale indique que les députés à l’Assemblée nationale sont élus au scrutin majoritaire à deux tours dans les cercles et les communes du district de Bamako.

En revanche, le scrutin proportionnel, d’après certains constitutionnalistes, fait prévaloir un plus grand partage des sièges entre les différents concurrents. C’est l’article 189 de la loi électorale qui mentionne ce mode de scrutin concernant l’élection des conseillers communaux.

Selon cet article, les conseillers communaux sont élus pour cinq ans au scrutin de liste à la représentation proportionnelle sans panachage ni vote préférentiel. Sur chaque liste, les sièges sont attribués aux candidats d’après l’ordre de présentation. L’attribution des sièges s’effectue selon la règle de la plus forte moyenne. Toutefois, les listes qui n’ont pas obtenu 5% des suffrages exprimés ne sont pas admises à la répartition des sièges.

En fait, la relecture des textes permettra sûrement aux tenants de l’un ou de l’autre mode de scrutin de faire entendre leurs voix. Les partis bien implantés n’ont aucun intérêt au changement de mode de scrutin pour les élections générales, ils préfèreraient même que les conseillers communaux soient élus selon le même mode de scrutin.

Les partis moins lotis et surtout les candidats indépendants souhaitent l’instauration du scrutin proportionnel et fustigent un « déséquilibre« électoral, maintenu par le scrutin majoritaire.

Baba Dembélé

06 Mars 2008.