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« C’est la première fois que je vote. J’ai envie de voir ce que cela fait de changer de président ». Jenny est née avec l’arrivée au pouvoir de Joseph Kabila qui doit se retirer après l’élection prévue dimanche en République démocratique du Congo. Née en avril 1999, l’étudiante en journalisme à Kinshasa balbutiait ses premiers mots quand Kabila a succédé à son père Laurent-Désiré assassiné le 17 janvier 2001. Et comme la majorité des Congolais, la jeune femme n’était même pas née quand « Kabila père » a renversé le maréchal Mobutu en mai 1997. Les 2/3 des 76 à 80 millions de Congolais ont moins de 25 ans, d’après les estimations démographiques – il n’y a pas eu de recensement depuis 1984. Et la tranche d’âge des 18-25 ans votent pour la première fois puisqu’il n’y a pas eu d’élections générales depuis décembre 2011. « Je n’ai connu que Joseph Kabila. J’aimerais voir ce que cela fait de voter, de changer de régime », poursuit Jenny, en stage dans une télévision privée où elle travaille sur des sujets en lien avec la campagne électorale. « Je suis heureuse, j’étudie, je fais mon stage, mais j’aimerais que nous ayons notre mot à dire », lance la fille unique d’un professeur et d’une mère au foyer, interrogée sur les désirs des jeunes. Dans leur programme les candidats – dont l’âge varie de 37 à plus de 60 ans – ne manquent jamais de promettre des emplois pour la jeunesse. A 21 ans, Caprice n’en crois pas un mot et n’ira pas voter: « Que le président Kabila quitte le pouvoir, qu’il soit remplacé, cela ne m’inspire en tous cas rien ». Diplômée d’un lycée technique, la jeune couturière a un rêve: lancer sa marque de vêtements Queen style. Et une revendication: plus de respect envers les mannequins, si nombreuses à Kinshasa, où de très nombreuses jeunes femmes s’improvisent modèles. A l’autre bout du pays, Héritier, 20 ans, est déjà lancé dans la vie active après avoir arrêté l’école il y a trois ans faute d’argent, un triste témoignage très fréquent en RDC. « Devenir un homme de valeur » ….AFP