Partager

A la faveur d’un atelier de sensibilisation et d’information des responsables des formations politiques du Mali, le nouveau directoire du cadre de concertation des femmes des partis politiques vient d’afficher ses ambitions. “S’organiser et organiser les femmes engagées sur la scène politique au Mali pour obtenir par la voix des urnes ce qui leur a été refusé par l’Assemblée nationale lors du vote de la nouvelle loi électorale”, telle est la volonté affichée par Mme Mariko Korotoumou Théra, porte parole du cadre de concertation des femmes des partis politiques.

Avec les femmes, mais pas sans les hommes. Femmes et hommes, ensemble construisons le Mali”. Cet slogan placardé au fond de la salle de conférence du centre Aoua Keita résume les objectifs du combat légitime que les femmes des partis politiques du Mali ne cessent de mener depuis des années.

En collaboration avec le PARHEF II et le NDI, le directoire du cadre de concertation des femmes des partis politiques (CCFPP) a décidé d’une série de rencontres avec les responsables des formations politiques du Mali afin de les informer et sensibiliser.

A la faveur de la cérémonie de lancement de cette série de rencontres, Mme Mariko Korotoumou Théra a indiqué que les maliennes, à travers le cadre de concertation des femmes des partis politiques, se sont engagées dans un grand chantier de sensibilisation et d’information pour obtenir par la voix des urnes ce qu’on leur a refusé à l’assemblée nationale, alors que le gouvernement avait décidé de réparer une injustice longtemps observée sur la scène politique quant à la participation des femmes dans les instances de prise de décisions.

Elle a rappelé que le combat des femmes maliennes ne date pas du projet d’amendement de la loi électorale. Mais qu’il est aussi vieux que le Mali et a mobilisé plusieurs générations de femmes maliennes.

Cependant, en ce qui concerne l’histoire récente, elle a indiqué que c’est au cours du forum des femmes députés avec les femmes de la société civile et politique pour une plus grande participation de la malienne à la vie politique qu’est née l’idée de la création d’un cadre de concertation “ transpartisan ” entre les femmes des partis politiques.

Mais, elle dira qu’il fallait attendre le 1er novembre 2003, lors d’une assemblée générale au centre Aoua Keita pour assister à la création d’un espace stratégique d’échange d’idées et d’expériences en vue de relever le défi de la participation politique des femmes.

A cet effet, Mme Mariko a indiqué que la mission principale du CCFPP est d’augmenter le nombre de femmes aux postes électifs, notamment à l’assemblée nationale et dans les conseils municipaux. “Pour cela, le CCFPP travaillera d’arrache-pied à l’intérieur des partis politiques pour augmenter le nombre de femmes sur les listes de candidatures aux élections législatives et obtenir leur bon positionnement sur les listes de candidatures aux municipales”, a-t-elle déclaré.

Elle a précisé que la série de rencontres programmées par sa structure vise à mettre toutes les femmes et toutes les directions des partis politiques au même niveau d’information.

Mme Mariko a espéré qu’à la fin des rencontres, qu’une dynamique réelle se crée autour de la mission essentielle du CCFPP. Et surtout que cette dynamique serve à élaborer des stratégies opérationnelles en faveur d’un changement de comportement à l’intérieur des partis politiques.

De son côté, Abdoulaye Ramatou, chargée de programme au NDI, a rappelé que sa structure existe au Mali depuis 2002 et œuvre pour la promotion de la démocratie. A cet effet, elle a indiqué que le NDI assure un appui technique aux différents acteurs de la scène politique du Mali. “C’est dans ce cadre que le NDI soutient le CCFFP”, a-t-elle déclaré.

Pour sa part, Assitan Diallo, coordinatrice du PARHEF II, a salué l’initiative des femmes maliennes de tous les bords politiques de se retrouver dans un cadre unique.

Mme Camara Maimouna Coulibaly, représentant le ministre de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, a indiqué depuis l’avènement de la démocratie dans notre pays, les autorités ont exprimé et manifesté leur volonté de promotion et de protection des droits de la femme. Elle a estimé que la problématique de la participation de la femme à la gouvernance ne doit pas se limiter à la seule perspective féministe de quête du pouvoir politique par les femmes. “Elle doit s’inscrire dans le cadre plus vaste du rôle que les femmes peuvent et doivent jouer dans les structures de prise de décisions, dans toutes les sphères de la société, au niveau de la famille, au sein des organisations syndicales, sociales et des partis politiques” a-t-elle soutenu.

La représentante de Madame le ministre a rappelé qu’au Mali, les femmes constituent la majorité de la population active, mais sous représentées ou souvent absentes là où les décisions sont prises. Pour cela, elle s’est interrogée si les intérêts et besoins des femmes sont réellement pris en compte. “La participation de la femme à la gouvernance est une exigence démocratique, une question de justice et d’équité, une garantie de prise en compte des besoins, intérêts et aspirations de l’ensemble des populations ainsi que des besoins spécifiques des femmes”, a-t-elle estimé.

Après cette série de discours, les participants à l’atelier ont planché sur le code de conduite des femmes des partis politiques et leur déclaration. Ils ont aussi passé en revue les différents points du plan d’action du cadre.

Assane Koné

19 décembre 2006.