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Si le temps des interventions armées sur le sol congolais semble relégué aux années 90, les voisins de la République démocratique du Congo veillent toujours jalousement à leurs intérêts de l’autre côté de la frontière. Le régime actuel en RDC, où des élections générales doivent se tenir le 23 décembre, est le produit direct de l’interventionnisme de ses voisins au cours des deux guerres régionales (1996-1997 et 1998-2003) qui ont impliqué jusqu’à sept pays africains sur son sol et fait plusieurs millions de morts. La première s’est soldée par le renversement du maréchal Mobutu et la prise du pouvoir par Laurent-Désiré Kabila en 1997, avec l’aide du Rwanda et de l’Ouganda. La seconde, débutée par un retournement d’alliances entre le régime Kabila et ses voisins rwandais et ougandais, fut marquée par l’assassinat début 2001 de Laurent-Désiré Kabila et la désignation dans la foulée de son fils et actuel président, Joseph Kabila, à la tête du pays. Depuis, la RDC entretient des relations complexes avec ses voisins, le plus souvent marquées par la défiance et le pillage de ses richesses naturelles. Pour le chercheur français André Guichaoua, professeur à l’Université Paris-Sorbonne, « la valorisation des richesses minières, contrôlée par de puissants intérêts congolais, rwandais et ougandais, s’amplifie et prospère » dans l’est du pays, épicentre des crises congolaises. « Au fil du temps, dans l’est du Congo, les différents réseaux qui pillent les ressources et qui étaient concurrents ont fini par se dire que finalement, ils pouvaient tous s’entendre sans mener des luttes à mort », décrypte Thierry Vircoulon, chercheur à l’Institut français des relations internationales (Ifri). Ainsi, parmi les dizaines de groupes armés et milices qui terrorisent encore les populations dans les provinces orientales du pays, on ne trouve plus de mouvement rebelle estampillé « Rwanda » comme ce fut le cas du CNDP des années 2000 ou du M23 des années 2010. Ces mouvements, qui affirmaient se battre pour défendre les populations rwandophones de l’est de la RDC, avaient également l’avantage, si ce n’était leur raison d’être, de protéger des routes de trafic de minerais vers le Rwanda, ce que Kigali a toujours nié. – L’or de l’Ouganda et du Rwanda – « Vu que maintenant il y a eu une stabilisation des réseaux de pillage de l’est du Congo, on n’a plus besoin du CNDP ou du M23 », résume M. Vircoulon…AFP