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Dans un communiqué en date du 30 avril 2007, la fondation Open Society Initiative for West Africa (OSIWA), basée à Dakar, a indiqué que ses observateurs déployés au Mali, dans le cadre de l’élection du président de la République, ont conclu que les élections ont été libres, apaisées et sincères. Cependant, le communiqué rappelle que les observateurs d’OSIWA ont formulé plusieurs recommandations à l’intention du gouvernement, de la société civile, des partis politiques et de la CENI.

A l’issue de leur mission d’observation au Mali, les mandataires de OSIWA ont demandé au gouvernement et à la délégation générale aux élections de fiabiliser le fichier électoral par un audit qui impliquerait la société civile et de refonder totalement le fichier électoral à long terme, en procédant à des inscriptions basées sur la présence physique.

Elle a demandé au gouvernement de favoriser l’adoption du système d’inscription volontaire et de développer une stratégie nationale de retrait ou de distribution transparente des cartes avant les élections législatives en collaboration avec la société civile. En outre, les observateurs de la fondation basée à Dakar ont souhaité la suppression du vote sans pièces d’identification pour éviter la fraude par des votes multiples et l’interdiction aux forces de l’ordre de collecter ou recueillir des informations sur le vote dans les bureaux de vote. Ils ont aussi demandé de favoriser un bulletin de vote sécurisé et d’améliorer la maquette du bulletin pour tenir compte du vote blanc. Enfin, le gouvernement a été invité à prendre toutes les dispositions pour renforcer les capacités des agents électoraux que sont les présidents et assesseurs.

De son côté, la société civile a été invitée par les observateurs à créer un collectif spécifique sur la question électorale qui sera son interlocuteur. Ils ont demandé aux partis politiques de former les délégués et s’assurer de leur maturité politique. Quant à la CENI, les observateurs ont demandé le renforcement des capacités des délégués et de leur dotation en outil de statistiques, en instruments de suivi et de contrôle des informations en temps réels.

Dysfonctionnements ou irrégularités observées

Les mandataires de OSIWA ont constaté que le matériel électoral était présent et conforme aux normes en la matière, à l’exception des isoloirs qui ont été mis en place tardivement. Ils ont mis l’accent sur la jeunesse des présidents des bureaux de vote et des assesseurs qui étaient, à leur avis, des élèves. Mais, les observateurs ont dénoncé la faiblesse de la formation des membres du bureau de vote. Selon eux, les assesseurs ne connaissaient pas leur rôle, d’autant plus que les délégués des partis politiques faisaient le travail des assesseurs. Ils ont aussi constaté un problème sérieux d’identification des électeurs.

Dans plusieurs cas, les cartes d’électeurs étaient souvent non conformes aux cartes d’identité, ont-ils noté. Pire, les observateurs constateront que plusieurs électeurs ont voté soit sans carte d’identité, ou sans carte d’électeur et sans témoin. Ils ont aussi dénoncé l’usage abusif du vote avec témoins. Selon eux, cela est estimé à environ 10%. La liste des irrégularités est très longue.

Pèle mêle, nous pouvons citer : l’usage abusif du vote par procuration, le vote d’un électeur à la place d’un autre, le nombre de votants méconnu par les membres du bureau, le problème de la sécurisation des bulletins de vote, le trafic d’influence de certains partis politiques qui venaient avec leurs militants dans les centre de vote, la présence forte et indiscrète des forces de l’ordre, notamment au moment du dépouillement, le rôle confus des forces de l’ordre dans le bureau de vote et le dépouillement dans l’obscurité.

Assane Koné

2 mai 07