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Lettre de Dramane Aliou Koné, fondadeur du quotidien “L’Indicateur du Renouveau”, candidat au poste de président de l’Association des éditeurs de Presse (ASSEP), aux directeurs de publication.

Mesdames et Messieurs les directeurs de publication,

J’ai l’honneur de venir très respectivement solliciter votre soutien à ma candidature au poste de président de l’Association des éditeurs de presse (Assep), dont le renouvellement du bureau est prévu le 19 juillet 2008.

Ma décision de faire acte de candidature découle du constat que les acquis des aînés doivent être certes consolidés, mais qu’il y a surtout nécessité d’insuffler un sang nouveau à l’Association qui a peu ou pas exploité les opportunités qui s’offrent à elle et qui vont dans le sens de l’épanouissement de la profession et des métiers de la presse au Mali.

Dix-sept ans après l’avènement de la démocratie et du pluralisme dans notre pays, force est de constater que la presse en reste presque à ses balbutiements. Coûts élevés de production, insuffisances dans la distribution et non prise en compte dans la politique de formation continue de certains sous-secteurs du métier… sont quelques-uns des boulets qui empêchent l’évolution de la presse malienne.

Mesdames et Messieurs les directeurs de publication, mon premier projet, en ma qualité de président de l’Assep, sera la réduction du coût de production des journaux, à travers la création d’une centrale d’achat d’intrants que je me propose de rendre opérationnelle au plus tard à la fin du premier trimestre de l’année 2009.

Mais on a beau avoir les meilleurs prix de production, si la distribution n’est pas efficace, il va sans dire que le travail, comme le dit un proverbe bambara, va rassembler “à la sueur sous la pluie qui n’est pas perceptible” . C’est pourquoi je compte m’attaquer aussi, dès que vous m’accorderez vos suffrages, à la mise en place d’une messagerie qui distribuera, dans un premier temps, tous les journaux dans tous les cercles du Mali.

L’autre temps fort du mandat que je m’apprête à briguer sera la mise en place d’un Centre de formation aux métiers de la presse. Ceci est d’autant plus nécessaire que les formations jusque-là dispensées n’ont concerné que les journalistes, et dans une moindre mesure, les techniciens PAO et reporters-photographes.

Or, vu la situation, il me paraît nécessaire, voire indispensable, que l’on s’intéresse aux techniciens de l’imprimerie et tous les autres acteurs de l’ombre qui n’en restent pas moins des maillons importants de la longue chaîne de production.

Or, il est aisé de constater que tous les postes sont présentement occupés par des étrangers (Béninois, Togolais, Ivoiriens, etc.) Il y a lieu de “nationaliser” les postes à travers une formation pointue, si l’on veut préserver les acquis.

Je m’engage en outre à faire en sorte qu’on parvienne très rapidement à la relecture des textes qui régissent la profession de journaliste, à muscler les critères de création des organes de presse, pour enrayer l’intrusion de non professionnels et surtout, à mettre en place une Mutuelle de la presse.

En l’absence d’une politique de sécurité sociale soutenue, différents corps professionnels on créé des mutuelles qui soutiennent leurs adhérents en détresse.

Compte tenu de la faiblesse des salaires, et plus généralement, de la précarité dans laquelle vivent les hommes de médias maliens, il est certain que cette mutuelle sera d’un apport essentiel dans la résolution des problèmes sociaux des journalistes et membres de la presse. En plus d’un centre de santé, la Mutuelle comportera également une Coopérative de l’habitat.

La Quinzaine de la presse que je compte instaurer aussi sera l’occasion de retrouvailles enrichissantes entre nouveaux et anciens du métier.

Voilà globalement, chères consoeurs et chers confrères, les motivations profondes qui me poussent à briguer vos suffrages. Je m’engage sur l’honneur à réaliser les objectifs que je me suis fixés pour qu’à la fin de mon mandat, vous puissiez par vous-mêmes juger de la pertinence de mon projet et de l’intérêt que je porte à la profession.

Je vous prie de croire en l’expression de mes sentiments confraternels.

Bamako, le 23 juin 2008

21 Juillet 2008