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La déception était grande pour les responsables de l’ADP, le week-end dernier au siège de l’Adéma. Sur les 160 élus locaux invités, seuls 70 ont accepté de faire le déplacement de Bamako-coura (quartier du siège), soit moins de la moitié des élus locaux de l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès dans le District de Bamako. Pis, même parmi les élus présents, certains n’ont pas caché leur intention de ne pas suivre les instructions de l’Alliance qu’ils trouvent très mal fondées pour différentes raisons.

Les responsables de l’ADP ont dû imposer les choix des candidats à l’élection des conseillers nationaux aux élus sans tenir compte des individualités ou du fait majoritaire. La multiplication des erreurs a conduit certainement à ce constat d’échec le week-end dernier.

En fait, le non respect du fait majoritaire dans certains partis politiques notamment l’Union pour la République et la Démocratie (URD) où son unique maire dans le District de Bamako, Demba Fané de la Commune V a été écarté de la liste ADP du District. Il a présenté une liste parallèle avec certains élus (notamment les plus nombreux du District, si l’on se réfère au nombre ayant boycotté la réunion de l’ADP), à celle de l’Alliance dans le District. L’invalidation de cette liste du maire de la Commune V serait certainement à la base de ce boycott pour qui connaît la popularité du jeune maire auprès des conseillers communaux du District.

L’Alliance pour la Démocratie et le Progrès, à travers ses plus hauts responsables, s’est battue pour invalider la liste du maire Demba Fané qui consistait déjà une menace contre celle de l’ADP pour n’avoir pas non seulement respecté le fait majoritaire, mais aussi parce que cette liste regroupait tous les mécontents des autres partis qui étaient décidés à faire la peau à l’ADP pour ses erreurs.
Les responsables de l’Alliance affirmaient à chaque occasion que l’élection des conseillers nationaux constituerait un test pour l’Alliance dans ses capacités de mobilisation et de rassemblement.

D’abord, la mise en place des coordinations régionales ont prouvé, si besoin en est, l’incapacité des partis de l’ADP de rassembler à cause de leurs intérêts personnels divergents. Le choix des candidats devant porter les couleurs de l’ADP à l’élection des conseillers nationaux vient de confirmer que l’ADP ne fait que de la propagande, c’est-à-dire du bluff.

Elle ne maîtrise pratiquement rien ni dans le District de Bamako encore moins à l’intérieur du pays. Cela prouve à suffisance les multiples descentes du président sortant Amadou Toumani Touré à l’intérieur du pays car ne croyant plus à l’ADP. Il croit certainement plus aujourd’hui à la capacité de mobilisation des individualités et de sa propre personne qu’à celle de l’ADP qui ne fait que de la figuration.

Par ailleurs, les conseillers communaux mécontents de la liste ADP envisagent deux options : s’abstenir de voter ADP ou voter pour la liste RPM. Certains ne cachent plus leur volonté de quitter à moyen terme leur formation politique.

C’est le cas du maire de la Commune V qui, selon une source proche de la mairie, n’attendrait que la fin de l’élection présidentielle pour quitter l’URD. La même source indique que le parrain de l’URD, Soumaïla Cissé, aurait dépêché un de ses hommes de confiance en la personne de Lassana Koné pour inviter les responsables de l’URD et le maire de la Commune V à enterrer la hache de guerre. Pour toutes ces raisons, l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès est bien partie pour essuyer sa première défaite électorale.

I. Maïga

12 mars 07