Partager

Certes, la fièvre électorale monte à travers la région de Sikasso. Mais à l’analyse, la chasse à l’électeur se fait dans une méconnaissance quasi générale du marketing politique.

A petits trots, l’on se dirige vers la 4e présidentielle de l’histoire de la IIIe République, couplée au référendum constitutionnel. Officiellement, les hostilités n’ont pas encore débuté. Pourtant à y regarder de près c’est un air de précampagne qui se dégage de l’atmosphère générale.

Cette élection est porteuse d’enjeux majeurs, car elle va sans doute entraîner des réformes institutionnelles et une certaine reconfiguration du paysage politique national. Sur le terrain, exceptés quelques partis politiques qui s’y essaient, le reste se limite à des dénigrements, oubliant que le peuple a besoin d’alternative en béton pour son développement et sa souveraineté et non d’invectives.

Dans le contexte actuel à Sikasso, la plupart des partis politiques se résument à la personne du président. Certains abondent au gré des circonstances sans projet de société quantifiable et mesurable. Or sans idéal, la politique perd de sa scientificité pour devenir le théâtre de l’hypocrisie et des coups bas.

La précampagne démontre aisément l’incohérence des confrontations idéologiques avec des slogans tonitruants, bref le manque de marketing politique, pour faire place à la surenchère à travers des critiques systématiques basées sur les remous du code électoral et la crise du Nord. Conséquence : la mention est vite rayée et le message est en train de devenir de la brouille.

Sur le plan du déroulement pratique de la précampagne, les forces en présence sont nettement disproportionnées. Tandis que l’Adema effectue le rodage de sa machine électorale à travers les 7 cercles de la région, les amis de Soumaïla Cissé et l’URD tentent de forger leur cohésion suite aux querelles intestines nées de positionnement à la tête des clubs à Sikasso, Koutiala et Yorosso. Le RPM d’IBK et autres partis politiques se concentrent sur les principales villes. Alors que les « héritiers« de l’homme fort de Koulouba se cherchent sous une tempête politique, dont il est l’artisan.

Côté société civile, la ferveur ne se dément pas non plus, en particulier concernant cette affaire de retouche constitutionnelle, initiée par les tenants actuels du pouvoir, c’est le silence total dans la région. En face, la résistance s’organise et se muscle par le parti Sadi.

Arguments à l’appui, elle milite pour une approche « civilisée« du jeu partisan, tout en réfutant la notion même de « rapport de force« mais de devoir démocratique et de bonne gouvernance. Dans cette configuration, les faits sont tels qu’aucune partie ne semble prête, à l’heure actuelle, à céder le passage.

B. Y. Cissé

(correspondant régional)

Le 23 Février 2012