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Les élections qui auront lieu le 17 mars prochain au niveau du Conseil Malien des Chargeurs ne vont pas apporter de bouleversements majeurs au sein de cette structure.
En effet, le président sortant, Amadou Djigué crédité d’un bon bilan durant son premier mandat apparaît aux yeux de nombreux opérateurs économiques comme le président idéal à ce poste.

Selon beaucoup d’importateurs-exportateurs et même de transitaires, c’est grâce à son engagement patriotique et à son aura personnelle que le Mali a pu échapper de justesse à la rupture de l’approvisionnement en denrées de première nécessité en 2002.

Après l’éclatement de la crise ivoirienne le 19 septembre 2002, le corridor ivoirien par lequel passent les produits maliens a été bouché. Des centaines de tonnes de marchandises maliennes se sont ainsi retrouvées bloquées au port d’Abidjan.

En son temps, une véritable panique s’était emparée de tous les Maliens qui craignaient les effets collatéraux de la crise ivoirienne. C’est Amadou Djigué qui a pris son bâton de pèlerin pour aller négocier en Côte d’Ivoire le déblocage des marchandises maliennes.

L’accord qui a été signé avec les autorités légales d’Abidjan et les forces nouvelles a permis finalement de convoyer en toute sécurité une dizaine de camions sous bonne escorte. Cette initiative heureuse a été perçue comme une bouffée d’oxygène par les populations meurtries de Zégoua, ville frontalière du Mali.

C’est Amadou Djigué aussi qui a pris l’initiative de multiplier les voies d’approvisionnement du Mali. Ses nombreux déplacements à Lomé, Téma, Mauritanie, Conakry, Dakar en sont l’illustration la plus parfaite.

Tous ces efforts ont été déployés à un moment où le Conseil Malien des Chargeurs n’avait aucun statut. C’est en janvier dernier seulement que cette structure s’est véritablement dotée de textes adéquats.

Ce sont là autant d’atouts qui plaident en faveur de Amadou Djigué et qui font hésiter beaucoup de gens à se présenter contre lui.

Le seul rival qu’il a pu avoir et qui ne fait pas d’ailleurs le poids est un prestataire de service du nom de Ousmane Daou dit Babalaye. Ce dernier rencontre d’ailleurs aujourd’hui sur le terrain d’énormes difficultés pour prouver son statut d’importateur, d’exportateur ou tout simplement de transitaire.

Le fait qu’il ait sollicité successivement le mandat de Star-Oil puis de « Genco » c’est-à-dire une société dénommée la Générale prouve qu’il n’a pas de documents en son propre nom à même de lui permettre de se présenter de façon crédible.

Face à ses hésitations, Babalaye a fini par éveiller contre lui-même la méfiance des grands électeurs dans les rangs des chargeurs.

Ces derniers ont donné des consignes de vote en faveur de Amadou Djigué qui s’achemine donc vers un plébiscite historique.

Birama Fall

13 mars 2007.