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Les élections consulaires du Conseil malien des chargeurs (CMC) du district de Bamako se sont déroulées le samedi au siège de la structure dans une extrême tension. Babalaye Daou, dont la candidature était disqualifiée à l’avance par la Cour suprême, a été autorisé par le gouverneur du district à se présenter contre le président sortant Amadou Djigué. Il a été élu avec 70,36 % de voix contre 29,64 %.

Le président sortant du CMC, Amadou Djigué avait intenté un procès en annulation de la candidature de son challenger Ousmane Babalaye Daou et en référé au Tribunal administratif contre le président de la commission électorale du CMC, le procureur de la Commune I, Alou Nampé.

Les motifs en sont qu’Ousmane B. Daou avait fait parrainer sa candidature dans un premier temps par une société pétrolière qui n’avait pas plus de 5 ans d’existence dans notre pays avant de se porter candidat sous les couleurs d’une société comme mandataire.

Dans son audience publique extraordinaire du 16 mars 2007, le tribunal, présidé par Fodé Douma, a annulé l’inscription d’Ousmane B. Daou sur la liste des candidats à l’élection consulaire des membres du CMC pour défaut de qualité. Une décision conforme, selon le tribunal, aux dispositions de l’article 2 du décret n°99-426/P-RM du 29 décembre 1999.

Ce verdict mettait Djigué en position de force avec le soutien du Groupement des commerçants. Le président du Groupement, Tidiane Tambadou, a au cours d’un cocktail offert par Djigué la veille du scrutin, conseillé aux siens de resserrer leurs rangs en vue de la victoire de leur candidat.

L’assaut du gouverneur

L’extrait du plumitif du greffe du Tribunal administratif, revêtu de la formule non exécutoire et délivré à titre de renseignements était affiché dans le même après-midi au siège du CMC. Ousmane Babalaye Daou a de son côté mené son combat pour le maintien de sa candidature. Une démarche suivie par le gouverneur du district Ibrahima Féfé Koné.

Celui-ci diffusa dans la nuit de vendredi à samedi un communiqué radiotélévisé indiquant qu’aucune liste n’est disqualifiée. Pour joindre l’acte à la parole, le gouverneur ordonna de décoller l’affiche portant annulation de l’inscription de M. Daou, quelques heures avant l’ouverture des urnes.

Le vote s’est ainsi déroulé sous haute surveillance policière. Les deux camps se regardaient en chiens de faïence. Les résultats sont tombés bien après la clôture du scrutin aux environs de 23 h. C’est à la grande surprise que la liste de Daou a remporté les élections avec 70,36 % de voix contre 29,64 % à M. Djigué.

Il aurait gagné les listes des sections import, export et transit. Ce qui a comme conséquence de mettre hors de l’assemblée consulaire les membres des listes conduites par Djigué. Tout se passe comme si Daou et les siens sont les seuls maîtres à bord du bateau CMC et pourront à leur guise se partager les postes du nouveau bureau qui sera mis en place le 31 mars 2007.

Le contentieux électoral de la CCIM n’est pas encore éteint qu’un autre se déclenche au CMC. L’exclusion de Djigué et ses partisans sera lourde de conséquences. L’homme a guidé les premiers pas de cette structure naissante qui a été dotée de ses prérogatives et missions par l’Etat grâce à son dynamisme et à son abnégation.

Toujours est-il que le monde des affaires reste divisé sous les yeux des plus hautes autorités du pays qui ne sont pas totalement innocentes.

Abdrahamane Dicko

19 mars 2007.