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Elles sont désormais derrière nous. Les élections communales, du 26 avril 2009 rendront sous peu leur verdict définitif, ainsi que l’élection des maires. Tournerons-nous la page de ces élections, sans nous poser le problème de l’élection en général, tant ont été flagrants les dysfonctionnements notés, criardes les insuffisances observées ? La conclusion coule de source : nous ne savons pas encore organiser des élections et notre apprentissage, plutôt laborieux, tire en longueur depuis 17 ans et nous voit errer d’élections bâclées en élections mal engagées.

Nous rendrions service à la démocratie et à notre pays, si nous prenions l’engagement public, ferme et solennel que plus jamais nous n’aurons à organiser des élections aussi médiocres que celles que nous venons de connaître.

Mais attention, ce que nous disons là ne doit offrir à personne le prétexte d’un amalgame facile pour pointer du doigt et accabler quelqu’un ou pour désigner un bouc émissaire, vite tenu pour responsable de tous nos malheurs. Qui veut tuer son chien l’accuse de rage. Attention, qu’on ne tire pas avantage de ce que nous disons là pour remettre en cause et brader certains de nos plus chers acquis démocratiques.

Nous paraît plus que jamais à l’ordre du jour la question de savoir comment allons-nous enfin entrer dans une ère démocratique nouvelle, avec une nouvelle génération d’élections qui nous libèrent définitivement de nos jongleries électorales saisonnières sur fond de fraude grandeur nature, la fraude étant devenue la figure d’acrobatie dans laquelle nous excellons le mieux.

La première des tâches à accomplir, c’est de rendre la Ceni autonome, à la fois financièrement et politiquement. Il faut arrêter la dérive qui consiste à chaque élection, à se lancer dans la course à l’instrumentalisation de la Ceni. Comme si celui qui contrôle celle-ci avait automatiquement son élection gagnée. La pêche à la Ceni pour une pêche électorale miraculeuse doit cesser. C’est une pêche honteuse qui n’honore personne.

Une Ceni soumise aux assauts répétés de politiques qui ne cachent même plus leur intention de frauder en s’assurant des positions avantageuses dans les différentes instances de cette Commission, c’est la pire des injures faites au citoyen électeur. C’est comme si on lui crachait à la figure qu’on se fout de son suffrage dès lors que, par une technologie électorale appropriée, on s’assure d’obtenir et de tenir ce qu’on veut.

Est seule à même de nous mettre à l’abri d’une telle dérive une Ceni plus technique, une Ceni plus professionnelle, libérée de toutes pressions, assurée de la durée, projetant l’image rassurante d’une commission qui a la pleine possession de ses capacités et de ses ressources pour conduire sereinement et mener à bien sa mission. C’est une erreur d’abandonner les cordons de la bourse de la Ceni dans les mains de quelqu’un en position de juge et partie.


Gnimadi Destin

11 Mai 2009