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«Sous réserve du contentieux électoral, la CENI estime que les élections du 26 avril ont été libres, transparentes et fiables». C’est qu’a annoncé le président de la commission électorale nationale indépendante (CENI) qui a tenu, le 14 mai 2009, une conférence de presse à son siège à Korofina Nord.

Le président de la CENI, Seydou Traoré, a rappelé qu’au titre de l’article 2 de la loi du 4 septembre portant loi électorale, l’élection est le choix librement exercé par le peuple en vue de désigner les citoyens appelés à la conduite et à la gestion des affaires publiques selon les principes de la démocratie pluraliste.

«Le constat de quelques faiblesses n’enlève en rien aux efforts de l’administration, de la DGE et de la CENI, chacune dans ses attributions, pour la réussite des élections» a souligné le président Seydou Traoré.
Pour assurer sa mission de veille de la régularité du scrutin du 26 avril 2009, la CENI a déployé, au-delà de ses dispositions administratives, un délégué dans chacune des 20 256 bureaux de vote du pays.

La structure a, parallèlement, recruté «un consultant indépendant» pour la mise en place d’un dispositif de centralisation interne des résultats du scrutin. Aussi, la spécificité des élections communales a conduit à un recrutement de personnel de saisie qui fut déployé dans les capitales régionales et dans certains grands centres à forte concentration d’électeurs. Ce dispositif a été constant et opérationnel, a apprécié le président de la CENI.

Selon lui, le fonctionnement du cadre institutionnel de l’organisation de l’élection s’est conforté par l’institution d’un cadre de concertation servant d’espace de dialogue entre la CENI, la délégation générale aux élections et le ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales. Selon la CENI, il n’y a eu aucune entrave à l’expression des libertés civiques.


La gestion de la fraude

Le président de la CENI a indiqué que les différents acteurs en lice ont développé leur propre système de veille et de surveillance pour lutter contre la fraude. «Ainsi, il y a eu beaucoup d’interpellations de personnes ayant failli par rapport à la loi et les suites judiciaires ont été du seul ressort des autorités compétentes en la matière» a expliqué Seydou Traoré.

Selon les responsables de la CENI, certaines des dispositions de la loi électorale, comme le témoignage, la composition du bureau de vote et sa mise en place, ne sont pas suffisamment précises ou contraignantes, et par conséquent favorisent la fraude. Aussi, ajoute-il, le laxisme dans l’application de certaines dispositions de la loi électorale, notamment la délivrance des procurations, l’affichage lors de la campagne électorale, peuvent porter atteinte à la régularité du processus électoral.

La CENI relève comme faiblesse, le taux de participation qui est de 44,61 % indiquant que cela relève du mode d’inscription sur la liste électorale, de la faible capacité des partis politiques à mobiliser les électeurs, de l’éloignement des bureaux de vote des électeurs dans de nombreux cas, et des erreurs de répartition des cartes non enlevées ou l’absence desdites cartes dans certains bureaux de vote.

La structure soutient que les élections couplées (communale et législative partielle) de Bougouni, qui n’étaient pas gagnées d’avance, peuvent servir de piste de réflexion aux autorités politiques et l’ensemble des acteurs dans le cadre des échéances futures.

Seydou Coulibaly

15 Mai 2009