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C’est un signal fort du poids des ténors du RPM que les résultats sortis des urnes ce dimanche 20 novembre dernier. Malgré qu’ils aient pesé de tout leur poids dans la balance pour faire les résultats en faveur de leur parti, tous les ministres et beaucoup d’autres cadres RPM ont perdu dans leurs localités. C’est le triste constat à l’issue du scrutin.

De Sikasso à Goundam en passant par Mopti, Gao et Bamako, les ministres du parti présidentiel se sont tout simplement fait laminer et de la pire des manières. Signe que malgré leurs titres pompeux et leurs déclarations hardies, les ministres RPM ne pèseraient pas plus lourd que le pet d’une grand-mère.

Que valent-ils réellement ?
La première désolation vient de Sikasso, où pendant la campagne électorale, on a vu le ministre de la Culture, Ramatoulaye Diallo Ndiaye, Ousmane Koné, ministre de l’Habitat, et le Dr. Nango Dembélé  de l’Elevage et de la Pêche converger dans des voitures reluisantes en direction de la capitale du Kénédougou. Objectif : convaincre les leurs de voter pour la liste RPM. Pour ce faire, nul besoin de rappeler que les bourses ont saigné. Que cela soit de l’argent public ou privé, ils ont certainement dû banquer pour contribuer à ‘’l’effort de guerre’’. Ce n’est pas tout, ils ne se sont même associés avec la Codem du ministre Housseini Amion Guindo, donné comme très populaire dans cette ville. Malgré tout, eux et leurs partis ont été laminés par l’alliance de l’Adema avec plusieurs autres partis qui ont choisi comme tête de liste l’ancien PDG de la Cmdt et non moins acteur du mouvement démocratique.
A Mopti ville, le RPM a été très ridicule, malgré que le désormais tout-puissant président du parti soit de la région. Les coups de fil et autres coudées franches n’ont rien servi. Le parti Yelema a brillé de mille feux.

A Gao, ce qui s’est passé est tout simplement pathétique. C’est  Sadou Diallo qui remporte les élections, lui qui a été, selon la justice, illégalement suspendu de ses fonctions par le tout-puissant ministre de la Défense, alors ministre de l’Administration territoriale, Abdoulaye Idrissa Maïga. Le RPM n’a rien pu faire. C’est quand même hilarant que le non moins premier vice-président du parti qui tente vaille que vaille de relancer le parti dans cette région, perde. Abdoulaye Idrissa Maïga n’a pas fait exception à la situation de ses prédécesseurs. Comme le Président Tréta lui-même n’a pas gagné chez lui, alors le ministre Maïga est pardonnable. Mais seulement, le hic est que c’est ce dernier qui a piloté le processus électoral jusqu’à son départ pour le département de la Défense.

Comme si cela ne suffisait pas, c’est le Président de l’Assemblée nationale, Saint Isaac, d’emboiter le pas aux autres. A Koulikoro, chez-lui, le RPM n’a vu que du feu.
A Goundam, en région de Tombouctou, c’est un autre puissant ministre qui a subi un sérieux revers. Il s’agit de Mahamane Baby, ministre de l’emploi et de la formation professionnelle, qui, contre vents et marées, a présenté une liste à Goundam, où il est le secrétaire général de la section. Cette liste a été battue à plate couture par une liste indépendante conduite par Oumou Sall Seck. Malgré la présence du ministre dans la localité, il n’avait que ses yeux pour constater les dégâts.

Certaines communes de Bamako ne font pas exception à la règle. Il s’agit de la commune IV où milite le puissant ministre Abdramane Sylla. Là aussi, le parti Yelema a coupé l’herbe sous les pieds du RPM. Le fait incroyable ici, c’est que Bakary Issa Keïta et Issa Guindo, qui sont des ténors du bureau national du RPM et non moins adjudicataires du marché des imprimés pour ces élections, sont militants dans cette commune.

Ces résultats peuvent se justifier par le malaise général au sein de la population, auquel le régime en place peine à trouver une solution. Ils pourraient aussi refléter le fait que ces ministres sont très loin des populations et que leurs actions n’ont pas un réel impact sur elles.

IBK doit-il compter sur eux en 2018 ?
Ces résultats, quoi que l’on dise, reflètent l’image du parti sur l’ensemble du territoire national. Ils donnent un petit aperçu de ce que pourrait être la présidentielle de 2018. Si IBK veut rempiler, il sait maintenant combien pèsent les hommes et les femmes qui le servent à travers le gouvernement. Ce test grandeur nature peut l’aider aisément dans ses futures prises de décisions. Ces résultats viennent encore une fois donner raison à IBK qui disait à qui veut l’entendre que ce n’est ni son parti encore moins des alliés qui l’ont élu. La carte des alliés serait plus que nécessaire pour lui, s’il veut renouveler son mandat. Surtout que le parti URD, au vu de ces résultats, semble s’être fait une bonne santé. En tout cas, les dés sont jetés et les résultats sont là. IBK sait désormais à quoi s’attendre en 2018.

Harber Maiga

24 Novembre 2016