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Dans quelques jours auront lieu les élections municipales sur toute l’étendue du territoire national. Le hic, est que des candidats condamnés par la justice ou bénéficiant d’une liberté provisoire ou encore sursitaire figurent sur des listes.

Il ne faut surtout pas compter sur le régime en place pour éliminer ces candidats délinquants. La preuve l’Assemble nationale en compte une bonne douzaine.

Le peuple malien n’est plus dupe après dix sept ans de dur apprentissage des mythes et réalités de la démocratie. Le citoyen malien est désormais en mesure de faire un choix judicieux parmi les multiples formations politiques. Mais hélas !

Le Malien moyen ne croit guère aux formations et aux hommes politiques. Le clientélisme politico- ethnique facilité par le fanatisme et la corruption fait que l’intérêt national du Mali et l’avenir du pays ne préoccupe personne.

Chaque conseiller municipal tend absolument à se servir et à servir sa base ou les intérêts des siens. Cela est patent, se voit et se dit même à travers les débats officieux en dehors des partis.

Comment comprendre qu’un maire puisse construire un siège flambant neuf pour son parti au moment où sa municipalité serait au centre d’une grave spéculation foncière. Or aucun signe favorable ne semble se dessiner à l’horizon.

Les politiques s’entredéchirent pour la confection des listes de candidatures. Pour avoir un bon classement, il faut débrousser de grosses sommes.


Cette année se seraient le pouvoir et le règne de l’argent aux élections communales.

Les éventuels vainqueurs seront sans état d’âme dans l’exercice de leur fonction. C’est pourquoi les futurs édiles auront une obsession pour le foncier. Les électeurs tiendront à coup sûr à se choisir un meilleur médecin que celui qui les a volés, expropriés leur terre au cours de la présente mandature changer d’approche (être plus dynamique), changer d’attitude (être plus sincère) c’est de cela qu’il s’agit dorénavant la politique du ventre, distribuer la petite monnaie, à la cantonade) pratique écoulée du clientélisme électoral à bien vécu son temps. N’en déplaise aux politiciens conseillers.

A nouveau les docteurs ès tactiques politiques réinventeront d’autres pratiques. Peuple électeur du Mali, acceptez toutes les enveloppes qu’on vous offrira de quelques politiciens que ce soit, de jour ou de nuit, à l’effet d’acquérir vos votes c’est votre dû, votre part, il ne saurait vous en coûter plus cher, car si ce n’est l’argent de vos impôts ce serait alors le produit d’une dette contractée en votre nom, que vous et vos progénitures s’échineront perdant le plus clair de votre vie à rembourser.

Mais à l’heure H. du vote, prouvez que vous avez déjà distingué la bonne graine de l’ivraie et soyez donc en paix avec vous-mêmes.

Les fières devises gravées sur le fronton des sièges de nos partis politiques, slogans de campagne s’apparentent trop à la publicité mensongère. Les sigles, les devises, les slogans très originaux ne manquent pas, qui font tous rêver : épi de mil, abeille, tisserand, tigre, la main, le soleil levant…

A en croire les politiciens, accéder au pouvoir c’est déjà en soi l’avènement du changement promis. Non le changement n’est pas un changement d’homme. Celui n’en est qu’un aspect certes déterminant.

A quelques jours de la date limite des dépôts de candidatures à Bamako, tout comme les autres localités, le pays est sous tension. Les politiques s’activent pour parfaire les dernières imperfections.


Amy SANOGO

10 Mars 2009