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L’une des navrantes réalités de nos élections, les communales en particulier, c’est la fraude et l’achat de consciences. C’est que sous nos cieux, aucune élection, quelle soit législative ou communale, n’a échappé, hélas, à cette regrettable réalité. Le centre de vote de Sokorodji, en Commune VI du District de Bamako, n’a pas non plus échappé à la “règle“.

Il y avait vingt et un (21) bureaux de vote, dont deux centres de vote : un centre à l’Ecole fondamentale et un autre à l’Ecole communautaire. Mais la journée électorale a été marquée par des disputes et des injures (de père et mère, comme on dit) entre des adémistes et des militants, et entre des candidats d’autres partis : RPM, PCR, MPR, URD, RDS…

Ces situations déplorables, sinon lamentables, entre voisins et camarades du quartier n’ont du reste guère surpris les superviseurs. Et cela, pour une raison bien simple : les militants des autres partis estiment qu’il y a eu illégalité dans la sélection des délégués au niveau de la Commission Electorale Communale (CEC). Surtout que les assesseurs et présidents de bureaux étaient composés d’adémistes.

Ainsi, ce qui a été qualifié (sans preuves) de “favoritisme” du président de ladite commission se trouvait au centre des débats dans les grins et autour des séances de de thé, le jour des élections et après. A cela s’ajoutent les rumeurs relatives aux cartes d’électeurs achetées ou échangées contre des pagnes, pendant la campagne électorale.

Chaque évènement o circonstance politique a ses avantages et ses inconvénients. Aussi, les jeunes ont pu mesurer la capacité de mobilisation de tous les partis, autant qu’ils ont dénoncé, par la même occasion, les sytèmes de comportement de certains responsables politiques du quartier. Depuis, une certaine peur mêlée de méfiance a été sentie au sein des dits partis en compétition.

L’ADEMA a connu une victoire honteuse, indique-t-on à Sokorodji. Selon certaines habitants du quartier, la puissance du parti de l’Abeille est aujourd’hui contestable. Et de malheureux incidents passés dans ce quartier, au cours de cette journée électorale en sont des preuves. En effet, au centre de l’Ecole fondamentale, de nombreux candidats de l’ADEMA ont été arrêtés par la Police pour fraude et conduits au Commissariat du 7è Arrondissement.

Fraudes et astuces

En fait, de 8 heures du matin à 16 heures du soir, des individus pro-ADEMA faisaient “très intelligemment” voter les gens dans… une chambre, moyennant des sommes variant de 1 000 à 2000 FCFA.

Munis de cartes d’électeur achetées , ils leur remettent une carte tout en cochant pour l’ADEMA, sur le bulletin de vote que l’interessé tient déjà plié en secret et l’enfouit dans sa poche ou au dessous des pagnes, pour ensuite se faire témoigner dans les bureaux. A leur sortie, ils amènent un autre bulletin vierge pour prouver qu’ils ont voté ADEMA.

Quelques instants plus tard, à une vingtaine de mètres du centre de vote,une voiture vient stationner à un carré, conduite par le représentant de l’ADEMA, un certain Abdoulaye Koné, que des habitants ont consideré comme “le poumon du parti et le soutien des fraudeurs”. Quoi qu’il en soit, c’est à la grande surprise des populations que deux personnes arrêtées sortent de la voiture et font apparition.

Et de témoins, de se poser la question : Abdoulaye aurait-il payé de l’argent pour sauver son 27è, un certain Sidy Bengaly et son second et son rang sur la liste? Ou ces ademistes échapperaient-ils à la loi? Toujours est-il qu’au retour de ces deux candidats fraudeurs, des militants de l’ADEMA ont soutenu que “la loi est faite pour les riches et contre les pauvres”.

Au centre de l’Ecole communautaire, une fille militante de l’ADEMA a été interpellée, fouillée arrêtée par la Police : elle était en possession de cartes d’électeurs. Mais à la fin des élections, la fille ne se trouvait ni au centre de vote, ni à la Police…

DABO, Stagiaire

29 Avril 2009