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Sikasso, ville carrefour du Sud du Mali avec une croissance démographique galopante, constitue ces derniers temps un vivier électoral très important dans lequel tous les partis veulent puiser.

La Commune urbaine comprend 15 quartiers et 28 villages rattachés pour une population de plus de 140 000 habitants. Les élections communales du 26 avril 2009 s’y annoncent très engagées entre les acteurs de la scène politique.

Au total 17 listes de candidature ont été déposées et validées : Adéma, UMP, PIDS, URD, US-RDA, MPR, RPM, UDM, Parena, PDD, REDD, Codem (2 listes d’alliance Cnid/PCR et Miria/Bdia) ; 3 listes indépendantes « Faso denw gnouman », « Yéléma télé » et « Danaya mogow ».

L’évolution du climat politique de 2004 à nos jours, caractérisée par la « transhumance politique » des acteurs, a été néfaste pour certaines formations politiques. L’Adéma a perdu le contrôle de l’Hôtel de ville et le RPM en perte de vitesse. Par contre, l’on note une poussée ascendante de l’URD, l’émergence du Mouvement citoyen et de la Codem.

Mais, « l’homme à battre » est nul doute le maire sortant, Mama Sylla, candidat indépendant, tête de liste « Danaya mogow ». Démissionnaire du Mouvement citoyen et de la Codem, accusé de timidité et de manque d’initiative pour la Commune ces cinq dernières années, Mama Sylla aura en face de lui Mamadou Tangara, ex-maire et tête de liste Adéma.

Duel de Titans

M. Tangara clame haut et fort sa volonté de reconquérir l’Hôtel de ville. Il a signé son retour au sein de la ruche lors de la rentrée politique de la section Adéma/PASJ de Sikasso en présence du président du parti de l’Abeille Dioncounda Traoré il y a quelques mois. Ce jour-là, il a juré de porter haut le flambeau de l’Adéma.

De son côté, l’URD entend réussir une entrée fracassante avec Ahmar Diallo, tête de liste, inspecteur des douanes à la retraite et natif de la Capitale du Kénédougou. La liste de la Codem, conduite par Abdoulaye Coulibaly, aura la responsabilité de mieux positionner cette formation avant les futures échéances électorales.

A noter que l’opération de retrait des cartes d’électeurs a commencé dans le délais. Les équipes de retrait sont sur place. Cependant, la mobilisation reste le maillon faible de la chaîne.

Samedi dernier à Wayerma, un quartier de la ville, seulement 400 cartes d’électeurs ont été enlevées sur plus de 9000 disponibles. A Sanoubougou I et II, il a été enregistré 900 cartes enlevées sur plus de 11 000.

Cette faible mobilisation, selon nos enquêtes, est due au manque de civisme des populations, au déficit de confiance aux candidats et à la faible implication des partis politiques dans le retrait des cartes d’électeurs.

B . Y. Cissé

(Sikasso)

09 Avril 2009