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L’enjeu de ce scrutin à venir est très important non seulement pour le contrôle des municipalités mais aussi pour le positionnement que celui-ci procurera dans la perspective des élections générales de 2012.

Les directions des partis affichent donc une belle détermination à se présenter dans le plus grand nombre de communes possibles, à trouver l’oiseau rare pour attirer l’électeur, à éviter les frictions occasionnées par les conflits d’intérêts ou d’égos.

Derrière la langue de bois servie à satiété, l’entreprise s’avère compliquée. Nos interlocuteurs d’hier (Adema, URD, RPM et PSP) ont ainsi, à l’unanimité, tempéré la proclamation des grands principes en reconnaissant la nécessité de tenir compte des réalités locales. Et celles-ci jouent grandement dans la position des candidats sur la liste. Ce problème général n’est pas géré partout de la même manière.

Ainsi le Congrès national d’initiative démocratique (Cnid-Faso Yiriwa ton) use d’un principe contenu dans une lettre circulaire adressée à tous les présidents de sections, indique Amadou Papa Diallo, le permanent du parti du soleil levant.

Le document demande aux sections de préparer ces élections en effectuant des missions régulières dans les différents villages en vue d’élargir la base du parti. Chaque village doit abriter au moins un comité CNID.

L’identification et la formation des délégués et la recherche d’alliance pour la constitution du bureau communal font également partie des priorités des sections. Important : le parti accepte l’ouverture des listes à d’autres personnalités de la société civile susceptibles de lui apporter une valeur ajoutée.

Contribuer au financement de la Campagne

La procédure de désignation des candidats comporte 3 étapes qui sont l’information large des militants et sympathisants, les critères de sélection des candidats et la procédure de désignation et sélection proprement dite.

Les propositions de candidature aux fonctions de conseillers doivent être approuvées par les sections pour le cas du District de Bamako et les sous-sections dans les communes de l’intérieur. L’objectif stratégique du Cnid ne diffère en rien de celui des autres formations en course : conquérir le maximum de conseillers lui permettant d’avoir une place importante sur l’échiquier politique national.

De son côté, le Parti pour la renaissance nationale (Parena) accorde, dans le choix de ses candidats, la priorité au degré de militantisme, à la capacité de rassembleur ou de mobilisateur, explique le chargé des élections et des élus, Dajié Sogoba. Un autre principe non moins important, rappelle-t-il, est la capacité des candidats à la candidature de contribuer au financement de la campagne.

Autrement dit, les candidats vont devoir payer une partie des dépenses de campagne. « Comme les militants ne paient pas régulièrement leurs cotisations, c’est l’occasion de les faire participer au bon fonctionnement du parti », explique le responsable du parti du bélier blanc.

Le Parena demande aussi à ses structures de classer les femmes à des positions éligibles. Il donne ainsi suite aux recommandations du cadre de concertation des femmes qui a plaidé en ce sens. « Nous avons des listes où 2 femmes viennent en première position », révèle notre interlocuteur.

Les mêmes avantages sont accordés aux jeunes suivant leur dynamisme et leur capacité de mobilisation. Pour les problèmes d’ordre de classement sur les listes, le contentieux est transporté au bureau de la section. Si ce dernier échoue à trancher, le comité directeur prend la décision qui respecte l’intérêt du parti.

Le cadrage par une lettre-circulaire est aussi la méthode adoptée par le Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR) dans la confection des listes de candidatures.

Les sections doivent ainsi s’employer à offrir de bonnes places aux femmes et aux jeunes sur les listes, explique le chargé des questions électorales du parti du tigre, Amadou Zandiougou Koné. Ce choix est valable aussi bien pour leur représentativité que pour leur positionnement sur les listes. Toutes les listes MPR tiennent cependant compte des chances des femmes et des jeunes d’être élus.

« Jusqu’ici, nous n’avons reçu aucune requête négative sur la véracité de ce plan de bataille », assure Amadou Z. Koné qui souligne que les quelques difficultés qui avaient été recensées ont pu être aplanies à la base.

Aucune quote-part

Le premier critère qui guide le Parti pour l’indépendance, le développement et la solidarité (PIDS) dans la confection des listes est le militantisme, souligne le secrétaire général du parti, Amara Coulibaly. Le bon militant, selon sa définition, est à jour dans le paiement de ses cotisations, il assiste aux réunions de façon assidue et régulière, il est capable de créer plusieurs comités dans son lieu de résidence.

Le bon militant peut évidemment être une militante pour le parti du baobab sensible à l’aspect genre dans le classement sur les listes. « À degré de militantisme égal entre un homme et une femme, le choix est vite fait en faveur de nos sœurs », assure notre interlocuteur qui étend le bénéfice de ce raisonnement aux jeunes.

Au PIDS, la place occupée sur la liste ne se pose pas en terme de capacité financière, mais en terme de degré de militantisme, souligne Amara Coulibaly qui estime que le parti a l’obligation de financer toutes les listes. De son propre chef, un candidat peut décider d’apporter sa contribution mais aucune quote-part n’est fixée à cet effet.

La Convention pour la démocratie sociale (CDS) de Mamadou Bakary Sangaré affiche une vision beaucoup moins « politiquement correcte » que celle des autres partis sur la question du genre dans la confection des listes. Pour Mamadou Bakary Sangaré, la vie politique ne saurait être organisée sur la base du sexe, de la religion ou de considérations ethniques.

À partir de là, « Blaise » estime que c’est la capacité à véhiculer les mots d’ordre du parti qui est retenu dans la confection des listes. Les candidats sont donc disposés sur la liste en fonction de leur capacité de mobilisation. Qu’importe, aurait dit un fameux révolutionnaire, le sexe ou l’âge du chat, pourvu qu’il attrape des souris.

S. DOUMBIA

Essor du 12 Mars 2009